The Fall

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Bizarrerie du jour, “the Fall” mérite plus d’une fois le détour.

Tellement étrange d’ailleurs que j’éprouve la plus grande des difficultés à savoir par où commencer pour vous en parler. Commençons donc par son réalisateur (ça ne mange pas de pain).

Tarsem Singh donc, réalisateur de “the Cell” avec Jennifer Lopez, pas un film inoubliable tant son scénario fantastico-policier laissait à désirer. Visuellement en revanche, le réalisateur avait su créer un univers onirique stupéfiant et vertigineux. On sentait malgré tout sur ses épaules le poids des studios le finançant et lui imposant très probablement un cahier des charges bien terre à terre pour un homme qui de toute évidence aspirait uniquement à faire de son film une expérience visuelle parfaitement ébouriffante. L’expérience a probablement dû être difficile pour les deux parties.

Revoilà donc Tarsem Singh pour son deuxième film, six ans après “the Cell”. Produit et écrit par lui-même, voilà qui est révélateur : le garçon n’a pas l’intention de se laisser imposer quoi que ce soit. A moins qu’aucun studio n’ait accepté de financer son nouveau projet, ce qui est également fort probable. Dans un cas comme dans l’autre cela signifie tourner avec peu de moyens, d’où un tournage étalé sur plus de 2 ans (là où la norme est à 3 ou 4 mois). Au final le film trouve en David “Fight Club” Fincher et Spike “Dans la Peau de John Malkovich” Jonze des distributeurs séduits et décidés à ne pas laisser perdre un film aussi… aussi ?

Car c’est là que ça se complique : comment parler du film ? Peut-être en essayant de raconter l’histoire :

Années 20 : Un cascadeur de film est victime d’un accident qui le cloue durablement dans un lit d’hôpital. Là bas il rencontre une petite fille à qui il commence à raconter l’histoire fantastique d’une bande d’allumés (en vrac un guerrier indien, un voleur masqué, un spécialiste en explosifs et… Charles Darwin ! ne demandez pas…). L’histoire étant inventée au fur et à mesure, la tenue scénaristique est plus qu’aléatoire, mais la petite fille veille et demande des explications, des flashbacks. Tout n’est pourtant pas rose, la santé physique du cascadeur n’est pas au top et sa santé mentale commence à accuser le coup ; son récit en présente rapidement les stigmates. Consciemment ou non, la petite sait que l’histoire a plus de profondeur qu’il n’y paraît et prendre des nouvelles journalières de ces personnages imaginaires devient d’une importance capitale.

Aussi originale que soit l’histoire il est un point absolument capital à ne pas négliger : la forme du film. En effet Tarsem Singh s’astreint à faire de chacun des plans de son film une œuvre d’art. Au sens propre du terme. Les décors, pourtant tous réels et pour certains connus, sont proprement hors du commun. Les costumes oniriques et somptueux sont à l’image du moindre mouvement de caméra : dessinés, travaillés, tissés au fil d’or et au final condamnés à rester gravés dans votre mémoire. Jamais un long métrage n’aura su tenir une intégrité artistique aussi ambitieuse et à ce point marquante sur toute sa durée.

Le final  du film, hommage à la fois drôle et émouvant au cinéma muet en particulier mais au Cinéma en général nous confirme, s’il en était encore besoin, tout l’amour de Tarsem Singh pour son art et son désir ardent de nous le faire partager. Au vu de la réussite ne serait-ce que plastique de son film, on n’est pas loin de penser que le réalisateur a relevé le défit haut la main.

A noter que le film, jamais sorti en salle en France, est disponible en dvd.

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