Ma vie en l’Air

Premier long métrage de Rémi Besançon, rien ne pouvait laisser présager d’un film aussi réussi tant les courts métrages du réalisateur, présents sur le dvd, ne présentaient rien d’encourageant. Mais voilà, écrivez un scénario drôle et attachant, trouvez des acteurs sans prétention mais bourrés de talents, soyez original mais sobre et vous avez toutes les chances de réussir votre film. C’est ce qu’a fait Rémi Besançon.

Au premier abord « Ma Vie en l’Air » peut rebuter, en effet son sujet largement éculé (les histoires d’amour et d’amitié de jeunes trentenaires) n’est pas forcément propice à attirer l’attention. Le genre aussi, la comédie romantique, n’est pas non plus un genre majeur du cinéma. Dans ce genre là les Américains ne s’en sortent pas trop mal mais les Français ont toujours tendance à vouloir intégrer à ce type de comédies une touche dépressive des plus pénibles. Elsa Zylberstein, fraichement rescapée de « l’Homme est une Femme comme les autres » avait d’ailleurs posé la question à Nora Ephron (Scénariste de « Quand Harry rencontre Sally » et réalisatrice de « Nuits Blanches à Seattle ») un soir sur le plateau de « Nulle Part Ailleurs » : « Une comédie romantique doit-elle selon vous toujours bien se terminer ? ». Nora avait ri au nez d’Elsa. Pour cette Américaine l’idée même qu’une comédie puisse mal se terminer la faisait directement basculer dans le drame. Voilà pourquoi les comédies romantiques américaine sont souvent réussies : elles sont assumées. Les comédies romantiques françaises en revanche sont souvent… chiantes. C’est un raccourci un peu facile mais malheureusement très souvent vrai.

De quoi parle le film ? D’un jeune homme célibataire à la recherche de l’âme soeur. Scénario on ne peut plus basique me direz-vous mais ce serait sans compter tout un tas d’éléments qui viennent se greffer à l’histoire pour assaisonner le tout avec beaucoup de goût. Le personnage principal par exemple, Yann (Vincent Elbaz), responsable de la formation de pilotes de ligne, souffre d’une violente phobie des avions. Paradoxal et surtout problématique quand sa dernière copine en date part vivre un an en Australie où il est sensé la rejoindre.
Heureusement, en cas de coup dur, on peut compter sur les amis (parasites) qui savent toujours être là (squatter) quand ça va mal. C’est Gilles Lellouche qui s’y colle. Véritable révélation du film, il est parfaitement hilarant ! Personnage on ne peut plus attachant il sait toujours trouver LE mot qui met tout le monde parterre. Mais à côté de ça il apporte son lot d’émotion au film, tirant inconsciemment la couverture à lui, il donne par moment au film son vrai visage : celui d’un film sur l’amitié. Bienveillante et inconditionnelle.
Bien sûr le film traite principalement des histoires de coeur de Yann. Dans le rôle ingrat de sa copine un peu chiante Elsa Kikoïne est agaçante juste ce qu’il faut. Son principal défaut étant de vouloir faire de Yann ce qu’il n’a pas forcément envie d’être : un adulte responsable, ou en tout cas l’image qu’elle s’en fait. De l’autre côté de la balance une Marion Cotillard blonde (pas encore Oscarisée pour « la Môme ») qui incarne parfaitement le concept de « fantasme intelligent ». Autrement dit il fallait quelqu’un capable d’incarner la beauté, la sympathie, l’intelligence, le vécu douloureux et du coup l’inaccessibilité. Au regard de sa performance loin du tape à l’oeil, Marion Cotillard apparait comme une réussite de casting incontestable. Véritable catalyseur de l’histoire elle apporte un supplément non négligeable de charme au film qui en regorgeait déjà.
Au centre de l’histoire Vincent Elbaz joue le pilier de l’histoire avec charme et sobriété. Juste ce qu’il fallait.

Quelque part « Ma Vie en l’Air » s’attaque donc au film de genre, exercice de style dont les films français se sortent généralement mal. Mais alors à quoi tient donc la réussite « Ma Vie en l’Air » ? et bien à un ensemble de paramètres justement dosés.

Le scénario d’abord toujours drôle, souvent très drôle et jamais sous antidépresseurs, séduit aussi par sa légèreté et son ton juste. La mise en scène ensuite, sobre mais inventive, discrète, lumineuse et intelligente, elle met toujours en avant les acteurs et leurs répliques. Dernier paramètre capital de ce film : les acteurs. Individuellement tous parfaits il résulte de leurs scènes en commun une alchimie hilarante qui fait plaisir à voir (aaahh ! le dîner avec Eddy la tchatche !). Ajoutez à celà un Didier Bezace (dont tout le monde connait le visage mais personne le nom) en pilote de ligne gaffeur ainsi que des seconds rôles de luxe (Cécile Cassel, Philippe Nahon, Tom Novembre, François Levanthal,…) et vous obtenez le film français le plus attachant de ces 10 dernières années.

A noter également un signe qui ne trompe pas, le film est rempli de répliques devenues depuis cultes. Répliques il faut l’avouer souvent attribuées à Gilles Lellouche. J’ai même trouvé des forums sur internet qui leur sont entièrement dédiés.

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