Adaptation

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Comment aborder “Adaptation” ? Voilà plusieurs heures que cette question m’agite le ciboulot. Par où commencer ? Ce film est un casse tête qui traite d’un casse tête. De ce fait en parler relève du casse tête et vous fait prendre part au casse tête…

Vertigineux ? Oui.

A l’origine d’ “Adaptation” Spike Jonze et Charlie Kaufman respectivement réalisateur et scénariste de “Dans la Peau de John Malkovitch” film bien déjanté qui mélangeait déjà la réalité avec la fiction.

Avant de se plonger dans “Adaptation” il y a une ou deux petites choses à savoir si on ne veut pas passer à côté du film. Notamment sur Charlie Kaufman.

Charlie Kaufman donc, scénariste de son état (et réalisateur depuis peu). Mais pas n’importe quel scénariste, on peut en effet lui attribuer le scénario de “the Eternal Sunshine of the Spotless Mind” magnifique film d’amour mettant en scène Jim et Carrey et Kate Winslet dans le cerveau de Jim Carrey (si si !).
Là où ça se complique un brin c’est quand Charlie Kaufman devient le personnage principal de son nouveau scénario (et par conséquent du film) alors qu’il n’était pas du tout sensé le devenir, qu’il s’invente un frère jumeau qu’il n’a jamais eu (mais qui est crédité au générique en tant que co-scénariste) et que les deux sont joués par un Nicolas Cage frisé et bedonnant. Dès lors la fiction et la réalité se mélangent et interagissent l’une avec l’autre.

Oui mais de quoi parle “Adaptation” ?
Après le succès de “Dans la Peau de John Malkovitch” on commande à Charlie Kaufman l’adaptation d’un livre traitant de la vie de John Laroche, personnage édenté amateur d’orchidées. Le livre, écrit par Susan Orlean, apparait inadaptable à Charlie qui ne parvient pas à en tirer quoi que ce soit. Parallèlement à ça Charlie souffre d’un handicap social assez prononcé qui ne facilite pas ses relations ni avec les femmes ni avec son frère jumeau idiot mais pourtant adoré de tous. Et c’est là, dans sa vie, que Charlie trouve l’angle d’attaque pour parler de John Laroche. Il ne va pas s’intéresser frontalement à John Laroche ni à Susan Orlean qui écrit un livre sur John Laroche mais plutôt à Charlie Kaufman qui écrit un scénario sur Susan Orlean qui écrit un livre sur John Laroche (Ouf). Ce qui est vertigineux dans ce jeu de poupées russes c’est que le personnage principal écrit le scénario du film au fur et à mesure que celui-ci se déroule sous vos yeux. Situation d’autant plus vertigineuse qu’elle met en scène des personnages qui existent vraiment pour la plupart.

Un film de scénariste donc.

Quelle place reste-t-il au réalisateur dans tout ça ? C’est justement là que le film prend tout son sens et son intérêt car on aurait rapidement pu tomber dans un exercice de masturbation intellectuelle mais il n’en est rien, Spike Jonze présente l’histoire avec une incroyable clarté et recadre le récit en usant d’un ton à la fois grave et à la limite du ridicule qui sied parfaitement au sujet. D’un point de vue technique Spike Jonze est plus discret que sur son film précédent mais pas moins génial. L’accident de voiture qui coûte ses dents à Laroche est particulièrement saisissant. Il a d’ailleurs depuis été copié plus d’une fois.

Ajoutez à cela des acteurs formidables (Nicolas Cage, Meryl Streep, Nicolas Cage encore, Chris Cooper, Tilda Swinton, Maggie Gyllenhaal,…) qui prennent un plaisir communicatif à incarner leurs personnages tous aussi dingues que Kaufman lui-même et vous obtenez un vrai film de cinéma, hors du commun, qui vous triture le cerveau rien que d’y repenser.

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