l’Assassinat de Jessie James par le lâche Robert Ford

 

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Deuxième film de l’Australien Andrew Dominik ("auteur de “Chopper” qui révéla Eric Bana), “l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford” est un western qui sort avec élégance des sentiers battus.

Jesse James, personnage qui a réellement existé, est ce qu’on appelle communément un bandit de grand chemin : le genre de type qui, un foulard couvrant la moitié du visage, dévalise banques et autres trains de marchandises ; un hors la loi.
A bien y regarder, dans les faits, le personnage n’est pas des plus passionnants, il est cependant l’un des acteurs les plus charismatiques du folklore américain. Pourquoi ? C’est justement le sujet du film.

Comment un bandit talentueux (si tant est qu’on puisse être un bandit talentueux) de surcroit paranoïaque, qui ne se sépare JAMAIS de ses armes, comment un tel homme a-t-il pu se laisser assassiner par un jeunot qui plus est avec son propre pistolet ? Voilà un mystère qui a probablement contribué à la légende et qui nourrit tout le film.

Andrew Dominik annonce rapidement la couleur par le biais de la musique de Nick Cave, lente et mélancolique, son film ne sera pas un western pétaradant. Son film prendra le temps d’imposer l’image floue (au propre comme au figuré), séduisante et effrayante d’un homme tourmenté autour duquel on gravite avant d’être absorbé, comme dans un trou noir.

Plus d’une fois Jesse James rappelle le Tristan de “Légendes d’Automne”, un autre personnage de Brad Pitt.

Un Brad Pitt ombrageux, charismatique, détestable et séduisant. Un choix parfait pour un rôle fantomatique. Brad Pitt par un accès de colère ou un regard plongé dans le vide parvient à donner à son personnage cette attirance vénéneuse qui lui valait déjà de son vivant, une réputation peu commune.

Casey Affleck campe quant à lui le rôle de celui qui, croyant mettre fin à la légende, l’ancra paradoxalement à jamais dans l’histoire. Casey Affleck en jouant à la fois la fascination et la jalousie, l’amour et la haine, le tout parfois dans un seul et même regard, confirme tout le bien qu’on se doit de penser de lui.

Pour éclaircir le mystère qui plane au dessus de la mort de Jesse James, Andrew Dominik ne choisit pas de suivre le chemin d’une enquête policière, d’ailleurs il s’y perdrait, les faits sont ce qu’ils sont : indubitables ; non, il préfère s’installer lentement dans un film contemplatif qui privilégie l’analyse psychologique aux coups de flingues. Chez lui le temps s’écoule lentement, comme une pensée mélancolique. Les dialogues au premier abord insignifiants, révèlent au détour d’une anecdote des trésors d’intimité qui indirectement construisent des portraits touchants de tous les personnages. On pense évidemment à Terrence Mallick, cinéaste contemplatif par excellence. Ce dernier a d’ailleurs été lié au projet. L’histoire veut qu’en ayant vu le film en salle de montage il ait conseillé à Dominik de faire des coupes drastiques dans le film pensant que celui-ci ne trouverai pas son public tant ses plans étaient longs. Mais Dominik n’a pas lâché et son film est resté tel quel.

“l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford” reste du coup un film exigeant qui nécessite d’accepter de s’y perdre, de se laisser porter par sa lenteur et sa mélancolie. Si vous y parvenez vous serez les témoins d’une histoire complexe mais magnifique, servie par des acteurs impeccables et des images magnifiques. Moi je suis client, plutôt deux fois qu’une !

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