Mean Creek

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Il y a certains films qui ne sont pas forcément faciles à regarder. “Mean Creek” appartient à cette catégorie.

Imaginez qu’un groupe d’amis décide de faire une balade en forêt dans le but de punir l’un d’entre eux de son comportement détestable à l’égard du reste du groupe. Imaginez maintenant que le membre le plus âgé du groupe en question soit à peine adolescent. Vous avez “Mean Creek”.

Le gros Georges est odieux : violent, arrogant, le sale gosse comme on en a tous connu. Le jeune Sam est le premier à faire les frais de ce comportement d’enfant gâté. Le grand frère de Sam ne supportant plus la passivité de son petit frère décide d’organiser une petite sortie punitive destinée à remettre George dans le droit chemin. Au programme balade en forêt, descente d’une rivière en canoë ; sont conviés les victimes récurrentes de George et qui voudra bien passer à l’acte au moment de lui infliger une bonne correction. Mais bien sûr, rien ne peut se passer comme prévu et l’anecdote bascule dans le fait divers.

Pour son premier film Jacob Aaron Estes ne choisit pas franchement la facilité en traitant d’un sujet pour le moins sensible et d’actualité : la violence chez les jeunes adolescents (voire pré-adolescents pour le cas qui nous intéresse). Sujet mainte fois abordé par Larry Clarke dans une série de films aussi intéressants que franchement rebutants(“Kids”, “Ken Park”, “Bully”,…). Jacob Aaron Estes choisit un mode de traitement totalement différent du réalisme crasseux de Clarke en s’imposant une élégance de mise en scène et une beauté du cadre proprement déconcertante pour un premier film. On sent l’influence d’un Terrence Malick toujours soucieux de fournir les images les plus belles d’une nature aussi majestueuse qu’inquiétante, écrin parfait à l’horreur humaine. Quant à l’acuité avec laquelle Jacob Aaron Estes traite de l’enfance elle n’est pas sans rappeler un certain Steven Spielberg. Je ne cherche pas là à faire des comparaisons alambiquées mais plutôt à fournir une indication palpable du talent de ce jeune réalisateur.

Au casting, de jeunes inconnus parmi lesquels le petit dernier de la famille Culkin (Rory) tout bonnement magnifique dans un rôle on ne peut plus délicat.

Au final “Mean Creek” impose une vision sans concession d’un des aspects les moins tolérables de l’enfance. Ici pas de facteur social ni de substance illicite à mettre en cause, juste la nature humaine dans ce qu’elle peut avoir de plus pur. Pour moi un film d’une beauté et d’une force peu commune, très certainement dans mon top ten de ces 10 dernières années.

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