Dog Pound

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Que de temps passé depuis mon dernier post ! Pas que les bon films manquent (les mauvais non plus d’ailleurs) mais ce qui manquait pour sûr était bien LE film qui me chatouillerait assez l’esprit pour en parler. Le film que j’aurais envie de défendre, ne serait-ce que pour le faire connaître. “Dog Pound” visionné avant-hier soir s’est révélé être ce film.

Avant de parler du film il convient de parler de son réalisateur Kim Chapiron : s’il ne signe là que son deuxième film, il n’est pas pour autant ce qu’on appeler un débutant. A l’origine le bon Kim était un des membre les plus éminents du collectif Kourtrajmé. Petit groupe prolifique de jeunes réalisateurs, acteurs et musiciens reposant sur quelques piliers répondant notamment aux noms de Mathieu Kassovitz et Vincent Cassel. Il n’était pas évident de sortir quelque chose de sérieux de ce collectif certes potentiellement talentueux mais ouvertement foutraque. Kim Chapiron a pourtant été le premier à s’y risquer avec l’aide de Vincent Cassel en tant qu’acteur et producteur. Essai plutôt transformé puisque “Sheitan”, son premier long métrage, s’est imposé quasiment comme le seul vrai film de genre français (genre un peu hybride certes, quelque chose entre “la Haine”, “l’Exorciste” et “Délivrance”). Pour ce film Chapiron n’avait pas vraiment coupé les ponts avec Kourtrajmé mais avait su les exploiter pour mieux s’en affranchir.

Voilà donc son second film. Cette fois Chapiron quitte son pays et sa langue maternelle pour tourner en Anglais, au Canada. “Dog Pound” (fourrière en Anglais) traite du sort de 3 jeunes délinquants placés dans un centre de détention pour mineurs. Le film s’ouvre sur trois délits, chacun perpétré par l’un des protagonistes (trafic de drogues, vol, violence, agression…). Très vite donc, Chapiron nous plonge dans le vif du sujet. Et très vite, en voyant Butch (Adam Butcher tout simplement prodigieux) éborgner au pouce (!) un de ses matons, on comprend que rien ne nous sera épargné, surtout pas la crédibilité.

Là où un Larry Clarke se serait perdu dans un “libidinisme” crasse de vieux dégueulasse qu’il est, Chapiron 1000 fois plus humain se concentre sur le mécanisme comportemental de ses héros. On pourrait craindre un aspect documentaire rebutant mais grâce à une mise en scène élégante ainsi qu’à un acteur hors du commun, le réalisateur ne nous effraie ni ne nous écœure jamais au point de nous perdre. La vérité transpire pourtant de chaque plan : l’anecdote veut que la production du film ait dû sortir l’acteur principal plusieurs fois de garde à vue pour des faits assez semblables à ceux décrits dans le film.

Et Kim Chapiron n’est pas tendre avec son spectateur : “Dog Pound” reste un vrai coup de poing dans le ventre. Pas de ceux qui vous laisse K.O. parterre, mais plutôt de ceux qui vous font recracher quelque chose que vous auriez eu coincé en travers du gosier et qui vous aurait étouffé. On n’a pas là affaire à un conte ni même un parcours initiatique mais bien à un état de faits brutal qui nous conduit à un pessimisme certain mais sans jamais tomber dans le misérabilisme. Chapiron réussit donc un numéro d’équilibriste consistant à ne jamais tomber dans l’extrême tout en traitant de sujets qui pour le coup le sont, extrêmes.

Restent deux certitudes à la fin du film : l’existence d’un vrai bon réalisateur (réussir un second film n’est pas chose aisée) et l’émergence d’un acteur qui, s’il arrive à s’affranchir de sa violence bouillonnante, saura à coup sûr faire partie des très grands acteurs.

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