Pour Elle

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Fred Cavaillé est un malin. Pour son premier film il frappe un grand coup. Il fait tout de suite savoir qu’il faudra compter avec lui désormais. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’il aime le cinéma. Il aime ça et rend le truc sacrément contagieux.

Lisa, Julien et leur fils Oscar mènent une vie heureuse. C’est compter sans la police qui débarque violemment chez eux un matin pour arrêter Lisa. Celle-ci aurait assassiné sa patronne. Elle est immédiatement mise sous les verrous. Trois ans plus tard Lisa est toujours en prison. Son pourvoi en cassation échoue. Elle en a donc pour 20 ans à passer derrière les barreaux. Si cette décision (que l’on sait rapidement injuste) parait insupportable à Julien, Lisa elle ne la supporte tout simplement pas et tente de mettre fin à ses jours. C’est à partir de ce moment là que Julien décide de se lancer dans une entreprise totalement folle : faire s’évader sa femme et partir avec elle et leur petit garçon vivre à l’étranger.

Son film, Fred Cavaillé l’a taillé comme un diamant, avec patience, méticuleusement. C’est probablement grâce à son scénario qu’il a réussi à convaincre son casting et les producteurs. C’est certainement en grande partie grâce à lui qu’il nous tient scotché au fauteuil pendant 1h40. Car premier film, peut-être, mais film au rabais certainement pas. Sur un budget modeste le réalisateur monte un film imparable et généreux. Le casting d’abord… L’idée est au premier abord improbable mais associer Vincent Lindon (le Monsieur Toutlemonde du cinéma français) à la désormais star (germano-franco-) américaine Diane Krüger relève du génie. Autant le côté accessible de Vincent Lindon (juste parfait dans son rôle) permet de s’identifier immédiatement à lui, autant la beauté froide de Diane Krüger (qu’on n’a jamais vue aussi émouvante) la rend véritablement iconique et indiscutable. Or l’acte de folie mais surtout d’amour qu’élabore Vincent Lindon tout au long du film ne peut-être justifié que par un amour indiscutable. Cerise sur le gâteau, Cavaillé nous gratifie d’un Olivier Marchal dans un rôle court mais impérial : le pilier stratégique de Lindon.

Seulement voilà, être un criminel ne s’improvise pas et si les soucis logistiques apparaissent rapidement, les cas de conscience ne tardent pas non plus. Le postulat du film est d’ailleurs un cas de conscience à lui tout seul mais aussi un sujet à polémique. Car ce que que fait Julien n’est ni plus ni moins que refuser une décision de justice pour se faire justice soi-même. Et c’est justement là que réside toute la problématique du film et du titre. Jusqu’où est-on prêt à aller par amour ? Sous cette question à l’eau de rose réside l’intrigue même du film : une intrigue ancrée dans une réalité dure, violente et implacable. Et c’est là toute la force du film et le talent de son réalisateur : réussir à faire passer sous couvert d’un polar nerveux une histoire d’amour bouleversante et une question de société à la portée quasi philosophique.

Un film incroyable donc, justement parce qu’il sait rester crédible. Une mention spéciale pour l’affiche qui ajoute un suspense supplémentaire au film. Mais je vous laisse découvrir par vous-mêmes…

 

Pour info, “Pour Elle” vient d’être remaké avec Russel Crowe dans le rôle de notre Vincent Lindon national.

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