24 heures avant la nuit

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D’abord apparu sous le titre de « la 25ème heure » puis renommé pour des raisons de copyright, « 24 heures avant la nuit » est à mon sens le meilleur film de Spike Lee.

A l’origine de ce film se trouve d’abord un roman éponyme de David Benioff. Ce roman au premier abord insignifiant avait attiré l’attention de manière assez inattendu, notamment par ses deux dernières pages qui faisaient preuve d’un souffle romanesque et philosophique presque saugrenu au regard du reste du roman ancré lui dans une réalité mafieuse peu glorieuse. Quoi qu’il en soit, le roman s’était fait remarquer.

L’idée de confier une telle histoire à Spike Lee ne coule pas de source. Le réalisateur est en effet plutôt habitué aux pamphlets engagés pour la cause des afro-américains ; une histoire de trafiquants de drogue blancs n’a a priori rien à faire dans ses projets. C’est là qu’intervient Edward Norton. En effet celui-ci impressionné par le précédent film du réalisateur « He Got Game » lui écrit une lettre lui expliquant à quel point il aimerait tourner avec le réalisateur d’un tel film. Soit ! Spike Lee trouve l’idée intéressante et un scénario fait beaucoup parler de lui en ce moment dans les Studios : celui de David Benioff : 25th hour.

24 heures avant la nuit parle de la dernière journée en tant qu’homme libre d’un trafiquant de drogue (Norton) qui a écopé de 7 années de prison et qui doit se constituer prisonnier le lendemain matin. Cette dernière journée se passera avec ses proches et ses collaborateurs et lui permettra de régler deux ou trois derniers problèmes avec dans le désordre : son père, son boss, sa femme, son chien et ses deux meilleurs amis.
Scénario simple s’il en est mais qui garde en son sein un suspense assez prenant : Monty se rendra-t-il en prison au risque de se faire démolir dans tous les sens du terme pendant 7 ans ou bien prendra-t-il la fuite ? Il faudra attendre le dernier plan du film pour avoir une réponse.

Tout ça pourrait paraître léger pour faire un film. Seulement voilà, il arrive parfois (rarement) que lors du tournage d’un film, tous les ingrédients soient réunis pour faire un grand film. Prenez un réalisateur assagi qui pour une fois loin de ses préoccupations politiques trouve dans le scénario de Benioff le souffle romanesque qui lui manquait tant jusque là ; prenez un Edward Norton docile (pas toujours le cas à ce qui se dit) au jeu d’une finesse et d’une intensité rare (pas chez lui mais au cinéma) ; prenez des seconds rôles bouleversants (Barry Pepper incroyable, Philip Seymour Hoffman formidablement pathétique et Rosario Dawson… aaaaah Rosario !) ; prenez enfin un contexte historique (l’après 11 Septembre) absent du livre mais qui trouve ici toute sa place et qui magnifie le propos : vous obtenez un film d’une humanité bouleversante qui reste durablement dans les mémoires.

A noter que les dernières pages du romans se retrouvent ici transcendées laissant une boule dans la gorge et les yeux baignés de larmes quand l’écran s’obscurcit.
Oui, « 24 heures avant la nuit » est un film magnifique.

Ci-dessous la « fuck you scene », un des grands moments du film.

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