The Town

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En voilà un que j’attendais. Il faut dire que pour son premier film en tant que réalisateur Ben Affleck avait frappé très fort avec “Gone Baby Gone”. Pour son deuxième long métrage, il tourne une fois de plus dans sa ville natale : Boston. Il y adapte un roman de Chuck Hogan, “the Town” traitant d’une bande de braqueurs amis depuis l’enfance, aux prises avec, dans le désordre, les penchants psychopathes de l’un d’entre eux, le FBI, leur commanditaire, l’amour et la ville, personnage à part entière du film.

On a beaucoup comparé “the Town” à “Heat”. En même temps on pourrait comparer tous les films de gendarmes et de voleurs à “Heat”. “The Town” est bien moins ambitieux et bien plus humain. Il convient donc de rapidement s’écarter de cette comparaison qui à mon sens, n’a pas lieu d’être, même si on sent que Ben Affleck a bien potassé son “Michael Mann pour les Nuls”. Quitte à prendre des références, autant prendre les bonnes.

Doug, leader et cerveau d’une bande de braqueurs à ce jour impunie, tombe malencontreusement amoureux d’une femme prise en otage par son collègue pathologiquement nerveux lors d’un braquage un poil tendu. A partir de ce jour, Doug commence à ressentir tout le poids de son “travail” : le secret imposé par celui-ci, la lourdeur de certaines amitiés, le danger et le poids de l’hérédité dans une ville qu’il n’a jamais quittée. Malgré des principes solides sensés le garder la tête hors de l’eau, Doug se reconnait de plus en plus dans son père, vieux tolard aigri. Et quand on envisage de plaquer ses activités illégales pour aller vivre avec la femme qu’on aime, ce genre de modèle n’est sans doute pas ce qu’il y a de mieux.

Ben Affleck s’est d’abord refusé à adapter “the Town” sur grand écran, ne voulant pas devenir “le gars qui fait des films sur Boston”. Mais la perspective de faire un film de braquage, doublé d’une histoire d’amour l’a finalement emporté. Et puis Boston prend une telle importance dans l’histoire, que pour le coup, Ben Affleck était probablement le mieux placé pour faire ce film.

Bénéficiant d’une bonne réputation grâce à son excellent premier film, Ben Affleck profite d’un casting 4 étoiles : lui-même dans le premier rôle accompagné de Jeremy Renner, Pete Postlewhaite, Chris Cooper, John Hamm, la sous exploitée (au cinéma) Rebecca Hall et la très inattendue Blake Lively. Tout ce beau monde permet au réalisateur de broder sur un canevas humain solide, crédible et plus d’une fois émouvant. Pourtant, s’il s’était interdit d’apparaître à l’écran dans son premier film, Ben Affleck se réserve ici le meilleur rôle du film et aussi sans doute de sa carrière. On est d’ailleurs bien content de voir que le copain de Matt Damon peut lui aussi être un très bon acteur.

En tant que réalisateur, Ben Affleck évite tous les pièges du genre, ne se prenant jamais au sérieux mais s’évertuant à maintenir une qualité constante tout au long du film. Les scènes de braquages et de poursuites sont saisissantes. L’histoire d’amour quant à elle, bien plus en retrait (heureusement) que ne le laissait présager la bande annonce, est contenue et traitée tout en finesse, offrant ici un très joli rôle à Rebecca Hall, sorte de pendant brun et moins tape à l’œil de Scarlett Johanson. Blake Lively, surtout connu pour son rôle dans “Gossip Girl”, livre ici une performance plutôt surprenante dans ce rôle de quasi fantôme maternel shooté au PCP et à la coke. Chris Cooper, qu’on ne voit que le temps d’une scène, imprime le poids de sa présence paternelle sur tout le film. John Hamm (acteur de “Mad Men”) assure son rôle d’agent du FBI avec sobriété mais en y ajoutant un p’tit quelque chose en plus, une folie contenue d’une grande classe. Pour ce qui est de la folie (pas vraiment contenue pour le coup) de Jeremy Renner, elle rappelle évidemment celle de “Démineurs” où il avait excellé.

Tout ce beau monde est mené par un scénario intelligent et une mise en scène du même niveau. Ben Affleck a su alléger sa narration en confiant les bons rôles aux bon acteurs : Chris Cooper et Blake Lively même s’ils sont rares à l’écran, sont présents dans quasiment chaque scène de part l’aura qu’il ont su imprimer lors de leur apparition. Ben Affleck profite d’eux pour conférer à son film une émotion délicate qui se marie magnifiquement au suspense distillé tout aux long des deux heures que dure le film.

Au final, “the Town” n’est peut-être pas au niveau de “Gone Baby Gone” mais il est très certainement un excellent film de genre, intelligent, bien fait et jamais tape à l’œil. Les acteurs y sont merveilleusement dirigés et Ben Affleck, bien qu’au premier plan, ne met jamais inutilement en valeur (bon OK la scène de tractions est peut-être un peu too much). Les scènes d’actions sont impeccables et le scénario réserve ce qu’il faut de surprises et d’émotion.

Oui, Ben Affleck est décidément un très bon réalisateur et la qualité de son premier film n’était pas due au hasard. Il signe ici un excellent second film ce qui, comme je l’ai déjà dit dans ce blog, n’est pas chose aisée.

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