Monsters

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Avec un titre pareil on pourrait s’attendre à un film sanguinolent, plein de bébêtes visqueuses. Il n’en est rien. “Monsters” est bien un film d’extraterrestres mais à 1000 lieues d’”Independance Day” ou de “Men in Black”. En fait “Monsters” se rapproche bien plus de “la Ligne Rouge” que de “Rencontre du 3ème Type”. Comment cela est-il possible me direz-vous ? Et bien je dirais qu’on doit cela à l’intelligence d’un homme : Gareth Edwards. Pour son premier film, le bonhomme signe à la fois la réalisation, le scénario et la photographie. Avec un budget microscopique, des acteurs inconnus et un culot hors norme Gareth Edwards signe un film de genre important mais dans un genre jamais vu, en tout cas pas dans ce genre de films.

Il y a 6 ans une sonde de la NASA charriant des échantillons glanés au fin fond de l’espace s’écrasait au Mexique, libérant au passage lesdits échantillons. Une fois sur Terre ceux-ci proliférèrent et donnèrent naissance à une espèce animale/extraterrestre (des calamars terrestres géants). Depuis l’Amérique Centrale n’est plus qu’une “zone infectée” qu’un mur gigantesque sépare difficilement du territoire américain. Un photographe est chargé dans ce contexte d’escorter la fille de son patron depuis le Mexique jusqu’aux Etats Unis.

Quand le film commence le réalisateur nous gratifie directement d’une scène d’attaque extraterrestre histoire de bien nous montrer sa bestiole là où les film du même genre attendent plusieurs dizaines de minutes. Cette ouverture quasi mensongère a au moins le mérite d’installer une tension durable. Pour la suite, et pour faire passer un scénario qui aurait pu être invraisemblable, Gareth Edwards traite l’invasion extraterrestre comme un reportage sur un conflit armé. Sa caméra épaule, sa lumière prise sur le vif mais toujours magnifiquement captée et ses acteurs merveilleux mais totalement inconnus apportent toute la crédibilité nécessaire à l’ensemble.

Et puis il y a cette histoire d’amour naissante pour le moins incongrue dans un tel contexte. Et pourtant, c’est bien cette histoire d’amour qui met en exergue l’urgence et l’insoutenable des situations. C’est elle aussi qui n’aurait jamais été aussi belle que dans une situation aussi désespérée. C’est elle enfin qui nous guide au travers d’une métaphore politique qui rappellera le conflit israélo-palestinien comme la vaine attitude des Américains face à l’immigration mexicaine.

A la frénésie habituellement de mise dans ce genre de films, Gareth Edwards préfère la lenteur et la contemplation de la nature aussi extraterrestre soit-elle. A mi-chemin entre le road movie, le film d’amour, le film de guerre et le film de science fiction, “Monsters” crée un genre à lui tout seul, profitant de son budget ridicule et de sa position de complet outsider pour surprendre par sa beauté, son intelligence et son culot.

Le final remettant tout le film en question n’est que la cerise sur le gâteau d’un grand moment de cinéma.

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