Raiponce

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Je n’étais dans un premier temps pas emballé à l’idée d’aller voir "Raiponce" au cinéma. Certes, Disney a fait ses preuves dans la confection de dessins animés de qualité. Certes l’animation numérique n’a cessé de prouver qu’elle valait largement l’animation traditionnelle. Certes encore, John Lasseter ex directeur de Pixar et désormais directeur du département animation de Disney a toujours été à la tête de projets d’une qualité notable et même remarquable. Pourtant, j’en ai vu tellement de ces films. Certains m’ont bien sûr fait forte impression (les Toy Story, Wall-E, Dragon, etc) d’autres pourtant, aussi bons soient-ils, m’ont laissé de marbre (Monstre et Cie, Cars, Shrek…). Alors bon, "Raiponce"… Bof bof !

Et puis je ne suis sans doute pas bien disposé : bien que la bande annonce m’ait fait rire, les 15 ou 20 premières minutes du film me paraissent trop longues, d’une technique moyenne et musicalement inintéressantes. Le personnage de "Raiponce" me parait gnangnan et pas franchement bien dessiné en comparaison des autres personnages. Je me prépare donc a passer une longue séance. Je me cale donc bien au fond du fauteuil et attend que ça passe.

Raiponce est le nom d’une enfant enlevée bébé à ses royaux parents par une sorcière ayant trouvé dans la chevelure de la fillette des pouvoirs magiques. La sorcière se fait passer aux yeux de la petite fille pour sa mère et profite des pouvoirs de sa chevelure afin de rester jeune. Seuls petits problèmes : la chevelure de Raiponce ne doit pas être coupée au risque de perdre son pouvoir et la mère de substitution de la jeune fille (le film se déroule autour de son 18ème anniversaire) a choisi de la cacher dans une tour inaccessible du reste du monde. Bien sûr, un beau jeune homme va découvrir toute cette histoire…

Ah que les petits gars de chez Disney son malins ! C’est quand tu as baissé ta garde, quand tu es prêt à t’ennuyer, quand tu t’apprêtes à compter les fauteuils dans la salle de cinéma pour t’endormir plus vite, c’est à ce moment là que tu te fais cueillir. Ça commence par une blague potache ou deux, un peu d’humour avec un animal rigolo, en l’occurrence Pascal le caméléon, et ça y est, tu es cuit, tu es dedans. Et puis il faut bien avouer que le scénario est non seulement malin mais en plus intelligent. La méchante par exemple use d’une violence psychologique assez rare dans un dessin animé pour enfants (non ce n’est pas un pléonasme). L’enfermement de la jeune Raiponce par une adulte avide de sa pureté me rappelle assez vite et assez logiquement la séquestration de la jeune Natasha Kampush, Raiponce lui volant même sa détermination et sa force de caractère. Les chansons que je trouve d’abord niaises et empruntées à Lorie prennent peu à peu une ampleur émotionnelle assez bouleversante. L’arrivée de Raiponce au royaume reste un épisode d’une beauté visuelle et musicale rare. Les couleurs, les chansons, les danses… Oui "Raiponce" est magnifique. On se demande même si on ne préfèrerait pas que le film s’arrête là pour ne pas être déçus par la fin. Mais ce serait sans compter sur un final d’une audace rarement vue (jamais ?) dans un Disney, véritable coup de poignard dans le compte pour enfant apportant ici une morale d’une complexité à la fois bouleversante, inattendue et qui hisse le récit du film à un niveau qu’on aimerait voir plus souvent, et pas que dans les films d’animation.

Courez voir Raiponce. Plutôt deux fois qu’une !

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