La Nuit nous Appartient

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Ce n’est pas seulement à la découverte d’un film que nous  partons aujourd’hui mais également d’un réalisateur, voire d’un pan tout entier du cinéma américain, à savoir le Polar.

James Gray signe ici son 3 troisième film. Il avait déjà fait forte impression avec son premier long métrage “Little Odessa” et très forte impression avec son second film “The Yards” qui démontait les rouages implacables de la corruption.

Si les scénarios de James Gray baignent quasiment tous dans la Mafia (son dernier film “Two Lovers” faisant exception à la règle) ils sont tous également empreints d’un fort sens de la famille avec ses bons et ses moins bons côtés. “La Nuit nous Appartient” met particulièrement l’accent sur cet aspect.

Fin des années 80, Bobby gère une immense boîte de nuit à New York. Ambitieux, ce dernier se verrait bien ouvrir une autre boîte à Manhattan sur les fonds de ses investisseurs aux ressources assez douteuses. Lui s’en fiche, il vit la nuit, aime ça et il est tout à fait prêt à fermer les yeux sur deux trois trafics se déroulant dans son établissement. Son père et son frère, tous deux hauts gradés de la police, ne sont pas tout à fait du même avis. Et quand voulant mettre fin à un trafic de drogue identifié ils interviennent sur le territoire de Bobby, les ennuis commencent, pour les uns comme pour les autres.

Depuis le début de sa (courte) filmographie James Gray traite ses scénarios comme de véritables tragédies shakespeariennes. Cela insuffle à ses films une ampleur et une ambition assez rare dans le cinéma Américain, surtout chez un jeune réalisateur. “La Nuit nous Appartient” use du même stratagème en se concentrant cette fois plus particulièrement sur les liens filiaux et fraternels, ceux-ci au sein d’une vraie famille ainsi qu’au sein d’une famille d’adoption. Bobby s’est en effet depuis longtemps éloigné de sa vraie famille pour se construire la sienne, celle qu’il s’est choisie. Pourtant les liens du sang le ramèneront immanquablement vers son père et son frère auxquels, petits à petits, par la force des évènements, il s’identifiera avant de prendre leurs places.

Joaquin Phoenix, chien fou du cinéma américain, incarne un Bobby attachant et à fleur de peau dans les bras d’une Eva Mendès que l’on craint d’abord un peu potiche avant de réaliser quel grand rôle elle tient là (sans parler de la scène d’ouverture mucho caliente !). Le rôle du frère obtus et terriblement américain revient au très monolithique Mark Wahlberg qui surprend malgré tout en faisant preuve d’une faiblesse inattendue. Enfin, le père aimant mais perclus de principes vieillots est joué par Robert Duvall, momie sacrée du cinéma Américain, qui retrouve enfin ici un rôle tout à sa mesure.

A noter également la mise en scène de James Gray qui met en exergue la tension psychologique et émotionnelle comme personne, mais qui sait également imposer son style avec une fluidité et une maestria hors normes. A ce titre, la prise d’assaut du labo est d’une virtuosité parfaitement inattendue dans un film aussi “psychologique”, quant à la poursuite en voiture, elle réinvente tout bonnement le cahier des charges et apparait comme LA poursuite de voitures de ces 20 ou 30 dernières années au cinéma.

Claude Chabrol récemment disparu, disait : “James Gray est un réalisateur qui m’énerve beaucoup pour deux raisons : 1) Il est jeune. 2) Il a réussi tous ses films.”

Peut-on vraiment lui en vouloir ?

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