Une Education

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Prix du public au festival de Sundance, “Une Education” est un joli film sur lequel il n’est pas inintéressant de s’attarder.

Au casting pas mal de gens pas forcément très connus. On notera tout de même la présence de Nick Horbny au scénario, l’auteur à succès (mérité) de livres souvent adapté au cinéma (“Pour un Garçon”, “High Fidelity”) et de l’actrice Carey Mulligan qui avec son visage de série télé pour ado (on dirait un mix entre Michelle Williams et Katie Holmes) fait preuve d’une intelligence de jeu tout à fait appréciable.

Début des années 60 en Angleterre, Jenny est une lycéenne brillante que les carcans de la société londonienne de l’époque étouffent quelque peu. Très (trop ?) entourée par des parents aimants mais sans doute un peu étriqués côté conscience de la condition féminine, Jenny bout.

Poussée par un désir d’accéder à de grandes choses (et par un père qui finalement sous ses airs balourds et tonitruants ne veux que la même chose, Alfred Molina compose d’ailleurs là un personnage attendrissant) Jenny se destine à entrer à Oxford. En tout cas c’est par son université que Jenny s’imagine avoir accès au monde. En tout cas jusqu’à sa rencontre avec David.

David est un dandy (Peter Sarsgaard tout en charme et en bagout), la bonne trentaine, mystérieux à souhait, instruit, il ouvrira à Jenny les portes de la culture. Ce à quoi Jenny ne faisait que rêver jusque là.

A ce jeu là, la jeune femme se mettra à dos son école (Emma Thompson en directrice revêche est formidable quant à Olivia Williams c’est un bonheur de la voir jouer ce rôle complexe et ambigu de professeur de littérature, sorte de projection ratée de Jenny adulte).

Et bien sûr, comme on peut s’y attendre, tout n’est pas aussi rose qu’aurait pu l’espérer Jenny. Le retour de bâton sera violent et c’est presque là qu’on peut reprocher au scénario un certain classicisme un peu agaçant. Pour autant, le final est traité avec intelligence et tact et dresse un constat peu réjouissant mais malheureusement vrai de la condition féminine à cette époque et encore de nos jours (les femmes n’ont que le travail assidu pour pouvoir atteindre un semblant d’égalité sociale avec les hommes).

“Une Education” demeure tout de même un film léger qui a le bon goût de rappeler que le vrai féminisme commence par un constat intelligent avant d’être une pseudo révolution foireuse façon chiennes de garde. On est donc plus près de Virginie Despentes que d’Isabelle Alonso. Et c’est heureux !

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