Black Swan

En cette période d’Oscars il semble tout naturel de se tourner vers l’un des films qui a fait sensation lors de la cérémonie. Sensation par le biais de son actrice principale : Natalie Portman. En effet, l’académie des Oscars pouvait difficilement faire l’impasse sur la performance proprement hallucinante de la jeune femme.
Et sinon, qu’en est-il du film ? C’est ce que nous allons voir.

Voilà maintenant pas loin de 15 années que Darren Aronofsky, réalisateur de son état, chamboule le monde du cinéma. Il avait commencé très fort avec « Pi », avait violemment enfoncé le clou avec « Requiem for a Dream » et avec « The Fountain » s’il avait perdu quelques uns de ses spectateurs il avait pourtant fait preuve d’une créativité artistique hors du commun que de mémoire d’homme (et de votre humble serviteur) on n’avait pas vue depuis bien longtemps au cinéma, peut-être bien depuis Kubrick et son « 2001 l’Odyssée de l’Espace ».
Avec ses deux derniers films : « the Wrestler » et « Black Swan », Darren Aronofsky emprunte un chemin inattendu : celui de l’amour des acteurs. Mickey Rourke lui doit en grande partie son fulgurant coming back et Natalie Portman son Oscar, mais pas que…

Nina est une danseuse de ballet bien propre sur elle, visant à atteindre la perfection dans sa discipline, elle s’impose une vie rude entièrement tournée vers la danse. Pas de petit copain, pas de distraction, pas de vie, juste sa mère, de surcroit bien fêlée. Quand une audition est lancée pour le rôle principal dans « le Lac des Cygnes », Nina voit là l’occasion de concrétiser la passion et l’abnégation qu’elle a mis dans la danse. C’est là que les ennuis commencent.

Bon alors première chose à rappeler : Darren Aronofsky est un p§$%@#n de réalisateur. Inutile de trop revenir là dessus il en donne la preuve dès la première scène (le rêve de Nina) qui est tout bonnement à couper le souffle (mais vraiment !). Inutile de trop revenir là-dessus aussi car ce n’est pas le sujet. Aronofsky a déjà fait ses preuves et comme le disait Vincent Cassel dans une interview : « Ce film, c’est le film de Natalie ». Chaque plan lui est consacré, elle est de chaque scène, elle EST le film, à tel point que ça en est vertigineux et Aronofsky le lui rend au centuple.

Le titre du film est simple mais joue sur plusieurs niveaux. En effet la trame du scénario reprenant la trame du « Lac des Cygnes », il aurait également pu en reprendre le titre. En dehors du fait que cela aurait probablement trop mis l’accent sur la mise en abyme dont joue le film, cela aurait également écarté l’accent mis sur le côté obscur de l’histoire. Car c’est bien de toute la part d’ombre du « Lac des Cygnes » dont parle « Black Swan ».
Nina, en petite danseuse effarouchée, talentueuse mais enfantine (à l’image de son actrice) se glisse très facilement dans la peau du cygne blanc, en revanche le challenge pour elle, comme le remarque Thomas (Vincent Cassel d’un charisme hypnotique) sera d’incarner le cygne noir. Nina en sera-t-elle capable ? Et Natalie Portman ? Car au même titre que le réalisateur avait besoin d’un acteur qui avait touché le fond pour incarner un looser, il a ici besoin d’une jeune actrice talentueuse, dévouée mais qui, si l’on veut un minimum intéresser le spectateur, sera capable de laisser planer le doute sur sa capacité à s’émanciper de cette image de belle-fille idéale.

Natalie Portman est-elle à la hauteur ? Les Oscar vous donnent un élément de réponse mais oui, 1000 fois oui ! Outre sa totale crédibilité en danseuse de ballet (elle est physiquement époustouflante) elle atteint en plus des niveaux dans son jeu d’actrice d’un autre monde ! Natalie Portman est passée reine dans l’art « lietomesque » de la micro expression faciale. Autrement dit, l’espace d’un dixième de seconde, Natalie Portman est capable d’un regard fou subliminal, et d’un de vous glacer le sang, et de deux de donner tout son sens à l’oeuvre dans laquelle elle joue.

Et de même que son titre, le film joue sur plusieurs niveaux. L’un des plus intéressants étant l’image de l’actrice (dans le sens général du terme) dans ce microcosme qu’est le monde du cinéma / de la danse. Aronofsky ne pouvait pas rêver mieux que Natalie Portman pour incarner une femme/enfant agréable mais trop lisse qui s’émancipe enfin ici à l’écran comme à la vie (le chorégraphe Benjamin Millepied rencontré sur le tournage est devenu son compagnon et le père de son enfant). Il offre également au passage un joli rôle à Winona Ryder (enfin de retour ?). Mila Kunis quant à elle fait enfin ses preuves en tant que véritable actrice (et pas comme potiche) et incarne le double « maléfique » de Portman avec une aisance, un charme et un venin tout à fait troublants.

Reste malgré tout à la fin du film l’impression d’avoir assisté à une performance hors normes de l’actrice principale qui a amplement mérité d’être récompensée. Cependant cette fille là est d’un autre niveau et je doute qu’un Oscar puisse être une consécration pour elle. Le film par contre en est sans doute plus digne.

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