Tron : l’héritage

Drôle d’idée de vouloir faire une suite à Tron. Ce film Disney des années 80 kitch au possible avait frôlé le gouffre financier à sa sortie. En effet si les effets spéciaux étaient fabuleux pour l’époque (les prémices des images de synthèse), le scénario avait quant à lui plutôt déçu par son aspect enfantin un peu trop poussé. Que voulez-vous ? On était bien chez Disney.

Pourtant Tron n’avait pas été un échec puisque c’est au cours des années qui suivirent sa sortie que commença sa réelle exploitation. La prolifération croissante des VHS avait permis au film de se faire mieux connaître et de rencontrer son public. Lentement, Tron devint culte auprès d’une nouvelle race de personnes qu’on appellerait plus tard les Geeks.

Près de 30 ans plus tard donc (Ouch !) Disney remet le couvert, une fois de plus avec un réalisateur inconnu, mais avec cette fois une ambition tout autre. En effet point de gaminerie ici, ou en tous cas beaucoup moins.

Sam Flynn, héritier de l’empire plus ou moins batti par son père Kevin Flynn disparu depuis des dizaines d’années, joue les sales gosses en mettant des bâtons dans les roues de la firme paternelle. Juste histoire de marquer son désaccord avec le virage pris par l’entreprise en l’absence de son père. Bref Sam est un emmerdeur qui, aussi brillant soit-il, ne fait rien de sa vie. L’absence d’un père ma bonne dame. Tout ça est évidemment sans compter sur un message reçu par le fidèle ami de Kevin, message provenant directement de la Grille, version tronesque de la Matrice. Message de Kevin disparu depuis 20 ans.

Tout comme son ancêtre, « Tron Legacy » fait la part belle aux effets spéciaux et en 30 ans (ou presque hein !) ceux-ci ont fait de sacrés progrès. La 3D mise à part, l’argent mis dans le film se voit : on en prend plein les yeux et les scènes d’actions sont juste hallucinantes. Les poursuites à moto sont à ce titre d’un spectaculaire rarement atteint sur un écran de cinéma.

Alors oui on reproche à « Tron Legacy » son scénario un peu lourd. Mais une fois de plus on est chez Disney et si on ne tombe pas ouvertement dans un discours adressé aux enfants (loin s’en faut) on ne va pas non plus chercher le discours philosophique façon « the Ghost in the Shell ». Encore que le scénario contient quelques idées d’une intelligence et d’une poésie qui auraient sans douté mérité d’être développées (les Iso c’était quand même une grande idée).

Et puis il y a la musique. Et là il y a une thèse entière à faire. Car si s’adresser aux Daft Punk pouvait apparaître juste comme une bonne idée, le choix s’avère finalement comme LA grande idée du film. Non seulement les petits français ne se démontent pas face à l’importance du projet, mais ils arrivent avec leurs platines sous le bras et livre là une partition HORS NORMES ! Epaulés par un orchestre symphonique qui se glisse parfaitement dans les créations électroniques, les Daft Punk transcendent le film le hissant à un niveau auquel celui-ci aurait difficilement pu prétendre autrement. Mais je ne suis sans doute pas la personne la mieux placée pour parler de musique et comme les Inrockuptibles ont fait ça très bien, je vous invite à aller lire leur avis sur la question ici.

« Tron Legacy » apparaît donc comme un reboot complet de la légende. Il gomme quasiment tous les défauts du précédent et profite de toutes ses qualités pour se hisser bien plus haut qu’on ne pouvait s’y attendre. Donc oui, à voir ! Et en plus il y a Olivia Wilde, mais qu’attendez-vous ?!


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