Les Corps Impatients

Film passé relativement inaperçu lors de sa sortie, « les Corps Impatients » le serait passé beaucoup plus si son actrice principale (Laura Smet) n’avait pas été la fille de Johnny Hallyday et Nathalie Baye. Pour autant ce premier film ne doit pas sa réussite à son actrice mais bien aux talents associés de son réalisateur (Xavier Giannoli dont c’est ici le premier long métrage) et de ses trois acteurs : Laura Smet donc, Nicolas Duvauchelle et Marie Denarnaud.

Pour son premier film, le réalisateur choisit de traiter de la jeunesse et de la mort. Pas une mort due à la drogue ou un comportement suicidaire imputable à un mal être adolescent mais plutôt une mort due à la maladie et plus précisément au cancer.

Paul et charlotte forment un couple jeune et fougueux. Charlotte tombe malade ; une maladie grave. Quand Charlotte comprend que sa vie est en danger elle décide de s’effacer de la vie de Paul en le poussant dans les bras de Ninon. Pour autant, Charlotte est humaine et quand sa santé décline vraiment, elle ne supporte plus de ne pas être la seule femme dans la vie de Paul. Une sorte d’intimité à quatre se dessine alors autour de Charlotte, Paul, Ninon et la maladie.

Rarement un film n’aura aussi bien porté son titre, car oui à 20 ans les corps sont impatients : impatients de vivre, d’aimer, et même de mourir. C’est cet état d’esprit que Xavier Giannoli parvient à retranscrire avec beaucoup de sensibilité. En choisissant des acteurs fougueux et intenses (Laura Smet et Nicolas Duvauchelle sont bouleversants et font preuve d’un talent surprenant) ou mêmes naïfs et délicats (comme Marie Denarnaud vraiment trop rare au cinéma) le réalisateur fait déjà les trois quarts du travail. Reste à sa charge de traiter son sujet avec pudeur et délicatesse, chose pas vraiment aisée au regard du genre du film (mélodrame assumé) et de la fougue de ses acteurs qu’il faut malgré tout contenir pour ne pas tomber dans le pathos ou l’hystérie. Force est de constater qu’il y parvient avec grâce sans jamais sacrifier l’émotion à fleur de peau qui transpire de chaque plan.

De ce sujet casse gueule Xavier Giannoli se sort avec élégance livrant au passage une fin d’une rare beauté et d’une grande originalité au regard des films qui ont traité ce thème avant lui.

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