Sucker Punch

Zack Snyder est un réalisateur hybride dans le paysage holywoodien. Sous ses airs de faiseur de gros films bien tape à l’oeil se cache un homme intelligent, réfléchi et au style artistique (qu’on l’aime ou pas) personnel et affirmé. C’était déjà bien le cas dans « 300 » et « Watchmen » (« l’Armée des Morts » étant un peu à part dans sa filmographie), ça l’est encore plus dans « Sucker Punch ».

Une jeune fille perd à la fois dans une nuit d’une violence terrifiante, sa mère, sa soeur et sa liberté. Menée à l’asile par son infâme beau-père qui n’arrive pas à la soumettre, Baby Doll s’invente un monde qui lui permet de survivre aux abus en tous genres et qui lui permettra peut-être de s’évader.

Dans une scène d’ouverture quasiment entièrement tournée au ralenti, sur « sweet dreams » interprété par Emily Browning (l’actrice principale), Zack Snyder ne fait pas qu’imposer son style maintenant bien connu, mais il plante du même coup son décors dramatique (qui l’est d’ailleurs sacrément).

Il ne faut pas longtemps à Snyder pour basculer du réalisme crado à l’onirisme ébouriffant. Ainsi, à peine Baby Doll met-elle les pieds dans cet asile pour jeunes filles désorientées qu’un monde parallèle lui apparait. Dans ce monde, les jupes sont courtes, les filles se battent comme dans Dragon Ball Z dans des tenues sexy contre (dans le désordre) des cyborgs, des robots samouraïs géants, des dragons cracheurs de feu, des trolls, des zombies nazis… Sabres, mitraillettes et déhanchements suggestifs sont leurs armes. J’ai lu quelque part qu’avec ce film Snyder inventait en quelques sortes le porno geek. Et il faut  bien avouer que le réalisateur prend un plaisir non dissimulé à filmer des jeunes filles en petites tenues sous toutes les coutures. J’entends déjà les chiennes de garde crier au scandale, mais tout ceci est tellement assumé et surtout bien fait, qu’on ne peut que tomber dans le piège. Et je ne parle pas qu’en mon nom de vieux libidineux, mais pour ce que j’ai pu en observer, voir de frêles minettes défourailler du zombie à la mitraillette et désosser du dragon au katana a quelque chose de particulièrement jouissif qui prend même sur le public féminin. Il faut faut dire que les effets spéciaux sont bluffants et la musique (souvent interprétée par l’actrice) du même niveau.

Alors peut-être trouverez-vous le fond un peu lourdaud, pourtant le but du film ne réside pas là mais bien dans la création artistique pure. Vous trouverez peut-être aussi tout ça d’un goût douteux. Libre à vous. Mais pour peu que votre culture ait tourné un jour (ou tourne encore) autour des jeux vidéos et des mangas et vous en aurez pour votre argent (ce qui au vu du prix des places de cinéma aujourd’hui est loin d’être négligeable). Zack Snyder signe un film d’un divertissement pur et décomplexé et réussit au passage un « Alice au Pays des Merveilles » trash et sexy 10 000 fois plus réussi que ce qu’a tenté de faire ce pauvre Tim Burton. Notons au passage que Snyder ne s’est pas risqué à filmer en 3D (plus grosse escroquerie du moment avouons-le…)

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