La Défense Lincoln

Petit film sans réelle prétention, bien qu’adapté d’un roman de Michael Connely, « La défense Lincoln » a joui d’un succès non négligeable outre Atlantique. Premier premier rôle pour Matthew McConaughey (dit l’imprononçable) depuis fort longtemps (surtout dans un film honorable), l’acteur y fait montre d’un talent malheureusement sous exploité au cinéma et dont Brad Furman, son réalisateur, a su tirer parti avec intelligence.

A l’origine de « La Défense Lincoln » donc un roman de Michael Connely qui, une fois n’est pas coutume, lâche son enquêteur Harry Bosch (déjà représenté à l’écran par Clint Eastwood) pour explorer les arcanes du système judiciaire américain, tout comme le fait habituellement John Grisham, mais en mieux.

« La Défense Lincoln » narre les exploits d’un avocat à la gouaille ravageuse donc le principal trait de caractère, en dehors d’avoir installé son bureau sans sa voiture de marque Lincoln, est d’être à peu près aussi peu recommandable que ses clients.

Michael Haller donc, est engagé par un jeune homme issu d’une riche famille afin de le défendre contre une prostituée qui l’accuse de tentative de viol et d’agression. Si Haller flaire d’abord une manigance visant à dépouiller son client, les faits se révèlent rapidement bien plus complexes et Michael de se rendre compte qu’il est tombée dans une farce dont il pourrait bien être le dindon. On se croirait en pleine affaire DSK !

Michael Connely étant aux commandes de l’intrigue, soyez rassurés, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer. Le bonhomme sait y faire pour accrocher son lecteur (et ici le spectateur) et en bon camarade, Brad Furman a le talent, l’intelligence et la modestie de lui être fidèle et même de mettre son texte et son intrigue en valeur. Ce qui pour un premier film est à souligner.

Avec son côté beau gosse qui s’encanaille dans les bas fonds de Los Angeles, Matthew McConaughey porte sur ses épaules un film nerveux, malin et jamais ostentatoire. Si bien que son sourire aussi agaçant soit-il clot merveilleusement le dernier plan du film. Les seconds rôles assez prestigieux ne sont pas pour rien non plus dans la réussite du film. Ainsi Marisa Tomei, Ryan Philippe, William H. Macy, Michaela Conlin ou encore Bryan Cranston (père de famille dans la série « Malcolm ») nourrissent le film de leur présence avec talent et humilité.

Décidément, et sans être le thriller de la décennie, « La Défense Lincoln » demeure un film travaillé, bien charpenté, prenant et finalement très réussi qui fait honneur à l’auteur du roman dont il est inspiré. Il révèle du même coup un réalisateur à suivre et un acteur qu’on avait un peu oublié depuis son joli rôle de prêtre dans « Contact ».

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