Une Nuit

La nuit est toujours propice à tout un tas d’évènements inhabituels qui ne se produiraient pas forcément en plein jour. C’est quelque chose qui se vérifie dans la vraie vie comme au cinéma. Les films se déroulant entièrement (ou quasiment) la nuit sont devenus un genre à part entière. L’un des exemples les plus célèbres est « After Hours » de Martin Scorcese. Philippe Lefèvre se lance lui aussi dans l’aventure non sans y ajouter une bonne dose de Polar. Avoir fréquenté de près Guillaume Canet lui aura-t-il été utile (il a été son co-scénariste à 3 reprises) ?

Simon Weiss est un flic de la brigade mondaine à Paris. Toutes les nuits, à chaque fois affublé d’un chauffeur différent, il arpente tous les coins les plus secrets voire les plus glauques de la ville. Cette nuit là ne fait pas exception à la règle si ce n’est que son chauffeur est une petite jeune et que Simon se sait la cible d’une enquête de la Police des Polices.

Ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est la beauté du film. L’image est léchée, la lumière parfaitement sublime et Paris qu’on aurait pu attendre glauque ou crasseuse à cette heure, revêt au contraire ses habits de lumière.

Ensuite il y a Roshdy Zem. Pillier central de chaque plan, il impose un charisme et une gueule à la hauteur du personnage qu’il campe. Tour à tour violent, désabusé voire mélancolique, on se demande comment l’acteur pourrait être meilleur. A ses côté Sara Forestier observe, enregistre, apprend… ou pas. Elle apparait vierge de ce monde qui vit sous nos yeux. Tout comme le spectateur. Tout comme lui elle sera à la fois charmée, surprise et même effrayée par cet homme qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis pour qu’un semblant de règles continue de régir ce monde si particulier mais peut-être aussi pour sauver sa peau.

Car Simon doit tout autant gérer les moeurs nocturnes que l’économie des établissements qui animent la Nuit. Et tout ça n’est pas toujours très propre. Et quand le meilleur ami de Simon vient faire le lien entre son travail et sa vie privée, ce n’est pas forcément pour le meilleur. Simon doit alors tout gérer à la fois dans un temps très court.

Si l’intrigue peut paraître dans un premier temps téléphonée, on n’a pas fini de gamberger sur son deuxième effet KissCool.
Au final Philippe Lefèvre, notamment grâce à de très bons acteurs (dont Samuel Lebihan et une apparition de Richard Bohringer), réussit un film terriblement élégant, dépaysant et finalement inattendu. A se demander qui de lui (le réalisateur) ou Guillaume Canet a le plus apporté à l’autre.

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