Looper

Troisième film de Rian Johnson (dont j’avis adoré le premier : Brick), « Looper » est à en croire la bande annonce un film de science fiction roublard mais réchauffé, basé sur quelques (très bonnes) idées scénaristiques. La réalité est un petit peu différente…

Dans le futur, le voyage dans le temps a été inventé mais très rapidement interdit. La Mafia y a en revanche trouvé un moyen subtil de faire disparaître des personnes gênantes en les expédiant 30 ans en arrière. Là, des loopers (boucleurs) tuent la personne en question et la font disparaître. Le boulot rêvé en somme si la Mafia du futur ne décidait pas arbitrairement de temps en temps de faire exécuter les loopers eux-mêmes par leur version plus jeune de 30 ans.
Joe est un looper. Et quand son lui du futur débarque dans son présent, il n’est pas forcément d’accord pour se faire tuer. Les deux hommes ne parvenant pas à se mettre d’accord, les ennuis vont s’empiler…

Présenté comme ça, on peut être intrigué. La bande annonce promet des choix judicieux (Joseph Gordon Levitt jouant le rôle de Bruce Willis jeune, c’est quand même bien trouvé), une mise en scène recherchée, un scénario alléchant mais c’est à peu près tout. C’est d’ailleurs là que réside sans doute la plus grosse prise de risque du film : la façon dont il est vendu.

Car au risque de trahir un secret (mais pas vraiment non plus) sachez que le film, et notamment son scénario, vont clairement au delà de leurs promesses. Sans rien dévoiler de l’intrigue sachez simplement que la bande annonce ne traite que de la première moitié du film qui prend un tournant radical au bout d’une petite heure. Adoptant à partir de ce moment là un ton beaucoup plus intimiste et fantastique, « Looper » atteint alors des sommets. Rian Johnson fait preuve d’une ambition phénoménale (et je pèse mes mots). Sa mise en scène intelligente et sensible prend alors toute son ampleur. Le caractère  intime du film est traité avec une délicatesse peu commune. À ce titre la (quasi) scène d’amour est une des plus sensibles qu’on ait vu au cinéma. Les scènes d’action sont quant à elle assez impressionnantes pour clouer le bec à n’importe qui.

« Looper » est bien une boucle qui si vous la suivez vous mettra la tête à l’envers. À l’image de ses personnages qui cherchent constamment à « boucler la boucle », le film semble suivre un temps la même démarche, il finit par s’affranchir de cette contrainte pour mieux exploser son genre. Explorant tout autant le huis clos, le western fordien que la science fiction la plus gonflée (Akira en tête), le film trouve dans sa deuxième partie un pur moment de cinéma, ébouriffant qui laisse ses spectateurs littéralement sans voix une fois les lumières rallumées.

Contrairement à ce que laisse entendre la bande annonce (et certains critiques) « Looper » n’est pas seulement un film malin, c’est aussi un film profondément intelligent, sensible, innovant et puissant. À voir absolument au risque de passer à côté d’un des tous meilleurs films de l’année.

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