Archive for the ‘Action’ Category

Abraham Lincoln : Chasseurs de Vampires

21 novembre 2012

Timur Bekmanbetov, réalisateur russe de son état, nous revient après le violent, survolté, passablement vulgaire mais profondément jouissif « Wanted ». Et non content de venir faire la nique aux Amerloques sur leur terrain de prédilection (le gros film d’action bourrin) le voilà qui vient vampiriser leur Histoire.

Oui Timur Bekmanbetov est un réalisateur à l’univers visuel pour le moins outrancier et je l’ai déjà dit plus haut, passablement vulgaire. On peut y adhérer ou pas mais le fait est que le bonhomme fait preuve d’un enthousiasme communicatif. Après son premier film américain avec un casting reluisant (Morgan Freeman, Angelina Jolie, James McAvoy) le voilà de retour dans une grosse série B. Je dis série B car adaptation d’une BD bas de plafond avec un casting de quasi-inconnus.

Le synopsis est léger : Abraham Lincoln (oui oui, le légendaire président des Etats Unis) est accessoirement un chasseur de vampires. Ben oui.

Bon alors vous vous en doutez, il ne faudra pas s’attendre à un scénario 4 étoiles. On a affaire là à un film bien basique où les personnage son traités à grands coups de hâche/fusil. Les acteurs (pour la plupart inconnus) ne faisant que jouer une partition fadasse, on se demande bien ce qu’on pourra tirer du film. C’est sans doute vers la réalisation du russe qu’il faudra se tourner.

Car Timur Bekmanbetov sait filmer, à n’en pas douter. Même s’il en fait des caisses, cela a l’air facile pour lui et il y prend du plaisir. Les scènes d’actions aussi folles et exagérées soient-elles sont bien faite et rythmées. A ce titre, la poursuite d’un vampire à dos d’un troupeau de chevaux en furie est assez ébouriffante. Pour autant, à trop vouloir mettre l’accent sur l’action et le mouvement au détriment du jeu des acteurs et d’un scénario correct Timur Bekmanbetov en oublie de quoi est sensé être fait le cinéma.

Il nous livre au final (je le redis) une grosse série B, bête au possible, dont les acteurs absents ne permettent jamais que l’on s’attache à eux ou à leur histoire. Reste de l’action pure et dure, souvent digitale, dont on finit écœuré, comme après un tour au fast food où on aurait mangé trop de hamburgers arrosés de vodka. A ce rythme Timur Bekmanbetov va rapidement se retrouver dans la catégorie direct to dvd à faire des film avec Jean-Claude Vandamme.

Dommage, « Wanted » promettait » des lendemains moins moroses.

The Dark Knight Rises

5 septembre 2012

Que pouvions-nous attendre de « the Dark Knight Rises » après un « Dark Knight » absolument monumental qui en son temps avait prouvé qu’un blockbuster pouvait combiner succès, virtuosité et intelligence du propos. Nous ne pouvions pas attendre grand chose mais on pouvait toujours espérer un final au moins à la hauteur des deux premiers épisodes. Ce qui déjà n’était pas une mince affaire.

Nous avions laissé notre chevalier noir en bien mauvaise posture alors qu’il avait choisi d’endosser la responsabilité de la mort de Harvey Dent afin de fournir un martyr à Gotham City et par la même la soigner de la gangrène du crime. Plusieurs mois plus tard, le plan a fonctionné et Gotham semble enfin s’affranchir de son passé troublé. Batman a disparu et Gordon, le seul policier à connaître la vérité sur Harvey Dent et le sacrifice de l’homme chauve souris, commence à s’ennuyer tant la criminalité est au plus bas. Ça tombe bien, c’est justement le moment que choisit Bane, pour prendre d’assaut Gotham et tenter de la détruire. Ce super méchant à la puissance au moins aussi terrifiante que son intelligence et son langage étonnamment châtié ne reculera devant rien ni personne pour mener son plan à exécution. Pas même devant Batman. La défaite de ce dernier apparaissant même peu à peu comme une étape incontournable et nécessaire au plan de Bane. De son côté, Bruce Wayne coule une retraite solitaire et douloureuse (ses combats passés lui ont laissé des marques) que Bane et la féline Célina Kyle sauront lui faire quitter. Se posent alors les questions sur les réelles motivations du Dark Knight : volonté de faire le bien, basse vengeance, masochisme, désir de se sacrifier dans un élan quasi mystique… Autant d’origines à son engagement auxquelles Batman se retrouvera confronté par l’intermédiaire de son majordome, de Gordon, de Bane ou encore de Catwoman.

Rapidement, Christopher Nolan reprend les thèmes de l’épisode précédent en nous promettant de conclure sa trilogie. Là où il est malin c’est que « the Dark Knight » était si sombre qu’on ne sait jamais comment cela se terminera pour Bruce Wayne. D’autant plus que sur le papier, Bane est le seul « vilain » a avoir vaincu Batman. Pour autant, et malgré la crainte qui nous habite de voir l’homme en noir se faire terrasser à tout moment, la séquence au cours de laquelle Bruce Wayne enfile à nouveau son costume est un pur moment d’émotion tant le plaisir de le voir reprendre du service est intense. À ses côtés (ou contre lui, on se pose longtemps la question) la présence d’Anne Hathaway en Catwoman est des plus réjouissantes et apporte sa part de sexy au film. De son côté Michael Caine fait preuve d’une émotion parfaitement déchirante quand pour sauver son (presque) enfant il se trouve obligé de le blesser quasi mortellement. Car peut-être plus encore que les épisodes précédents, « the Dark Knight Rises » joue la carte de l’émotion mais avec une classe et une retenue dont nous ne pouvons qu’être reconnaissants.

Et que dire de Bane ? Beaucoup lui ont reproché de ne pas  être le Joker. Et j’ai envie de dire heureusement car Heath Ledger avait tellement excellé dans son rôle que jouer sur le même registre eut été une erreur. Le choix du méchant a aussi été mis en doute mais il s’explique justement par sa différence avec le Joker qui se présentait comme le pendant de Batman, chacun ayant besoin de l’autre pour exister. Bane s’impose rapidement comme celui qui terrassera le Batman, pilier de Gotham, afin que celle-ci s’effondre. Et le fait que sur le papier Bane fut le seul à vaincre le Batman (cf la BD) n’est évidemment pas un hasard.

Derrière son masque lui recouvrant les 2/3 du visage, Tom Hardy est évidemment méconnaissable. Mais ceux qui on vu « Warrior » (dont il faut absolument que je vous parle !) reconnaitrons rapidement sa bestialité hors normes. Si le joker incarnais la face sombre de Batman, Bane endosse quant à lui le rôle de ce que Batman a toujours combattu : le mal pur, l’âme noire de Gotham. Pour autant, l’acteur masqué parvient au détour d’un simple regard de quelques secondes à donner une profondeur déconcertante à son personnage. Véritable moment d’émotion pure, cette scène parvient quasiment à retourner le film comme un sac.

Quant au casting 4 étoiles habituel de ce film (Christian Bale, Michael Caine, Morgan Freeman, Gary Oldman) viennent d’ajouter l’impeccable Joseph Gordon-Levitt, la décidément cruciale Marion Cotillard (du moins chez Christopher Nolan) et un Matthew Modine qu’il est toujours agréable de revoir. Autant d’acteurs qui permettent à Christopher Nolan d’ériger un monument du cinéma de super héros en maintenant le niveau de son précédent opus tout en faisant un Tout hyper classe de sa trilogie. On est évidemment déçu de se retrouver là face au dernier épisode de l’aventure Nolan/Batman mais également terriblement admiratif d’une réussite aussi cohérente.

Le Territoire des Loups

10 juillet 2012

Drôle de réalisateur que Joe Carnahan. Jeune metteur en scène surprenant qui avait attiré l’attention de Tom Cruise en tant que producteur avec son premier film « Narc » ; il continuait avec un film foutraque mais à la réalisation brillante (« Mise à Prix ») avant de signer un délirant « l’Agence tous Risques » aux scènes d’action dantesques. Autant dire qu’on ne savait pas trop à quoi s’attendre avec « Le Territoire des Loups ».
Le fait est que c’est un film atypique à mille lieux des standards hollywoodiens ou de ce que laissait présager la bande annonce.

Quelque part en Alaska, un avion s’est écrasé. 7 hommes en réchappent. Coupés du reste du monde, ils vont devoir survivre au froid, aux loups et surtout à eux-mêmes. Parmi eux John Ottway, employé d’une compagnie pétrolière et dont le travail est justement de protéger ses collègues d’éventuels danger animaliers.

Alors je vous entends déjà vous exclamer : Ouiiii, c’est pas vraiiii, les loups ne s’attaquent pas l’hooomme. Et pi ils sont mal faits… Tout ça tout ça…
Et le fait est que vous aurez raison. Pour autant vous auriez bien tort de vous arrêter à ce détail tant la présence des loups, leur sauvagerie et leur aspect monstrueux est purement symbolique. Car s’il y a un danger qu’affronteront les rescapés c’est bien eux-même. Et les loups de symboliser ce danger.

Dans cet enfer sauvage et glacé Liam Neeson se tient de toute sa carrure et toute son émotion en homme de tête lui-même en proie à ses propres démons. Comme d’habitude il est impérial dans ce rôle qui fait écho à sa propre vie. Il apporte à ce film toute son humanité.

Reste un film aussi surprenant que son réalisateur, loin de ce à quoi on pouvait s’attendre mais qui émeut et marque durablement.

A voir donc.

Sucker Punch

13 avril 2011

Zack Snyder est un réalisateur hybride dans le paysage holywoodien. Sous ses airs de faiseur de gros films bien tape à l’oeil se cache un homme intelligent, réfléchi et au style artistique (qu’on l’aime ou pas) personnel et affirmé. C’était déjà bien le cas dans « 300 » et « Watchmen » (« l’Armée des Morts » étant un peu à part dans sa filmographie), ça l’est encore plus dans « Sucker Punch ».

Une jeune fille perd à la fois dans une nuit d’une violence terrifiante, sa mère, sa soeur et sa liberté. Menée à l’asile par son infâme beau-père qui n’arrive pas à la soumettre, Baby Doll s’invente un monde qui lui permet de survivre aux abus en tous genres et qui lui permettra peut-être de s’évader.

Dans une scène d’ouverture quasiment entièrement tournée au ralenti, sur « sweet dreams » interprété par Emily Browning (l’actrice principale), Zack Snyder ne fait pas qu’imposer son style maintenant bien connu, mais il plante du même coup son décors dramatique (qui l’est d’ailleurs sacrément).

Il ne faut pas longtemps à Snyder pour basculer du réalisme crado à l’onirisme ébouriffant. Ainsi, à peine Baby Doll met-elle les pieds dans cet asile pour jeunes filles désorientées qu’un monde parallèle lui apparait. Dans ce monde, les jupes sont courtes, les filles se battent comme dans Dragon Ball Z dans des tenues sexy contre (dans le désordre) des cyborgs, des robots samouraïs géants, des dragons cracheurs de feu, des trolls, des zombies nazis… Sabres, mitraillettes et déhanchements suggestifs sont leurs armes. J’ai lu quelque part qu’avec ce film Snyder inventait en quelques sortes le porno geek. Et il faut  bien avouer que le réalisateur prend un plaisir non dissimulé à filmer des jeunes filles en petites tenues sous toutes les coutures. J’entends déjà les chiennes de garde crier au scandale, mais tout ceci est tellement assumé et surtout bien fait, qu’on ne peut que tomber dans le piège. Et je ne parle pas qu’en mon nom de vieux libidineux, mais pour ce que j’ai pu en observer, voir de frêles minettes défourailler du zombie à la mitraillette et désosser du dragon au katana a quelque chose de particulièrement jouissif qui prend même sur le public féminin. Il faut faut dire que les effets spéciaux sont bluffants et la musique (souvent interprétée par l’actrice) du même niveau.

Alors peut-être trouverez-vous le fond un peu lourdaud, pourtant le but du film ne réside pas là mais bien dans la création artistique pure. Vous trouverez peut-être aussi tout ça d’un goût douteux. Libre à vous. Mais pour peu que votre culture ait tourné un jour (ou tourne encore) autour des jeux vidéos et des mangas et vous en aurez pour votre argent (ce qui au vu du prix des places de cinéma aujourd’hui est loin d’être négligeable). Zack Snyder signe un film d’un divertissement pur et décomplexé et réussit au passage un « Alice au Pays des Merveilles » trash et sexy 10 000 fois plus réussi que ce qu’a tenté de faire ce pauvre Tim Burton. Notons au passage que Snyder ne s’est pas risqué à filmer en 3D (plus grosse escroquerie du moment avouons-le…)

Unstoppable

11 mars 2011

RHAAAAAAA !!! Tony Scott est de retour, encore ! comme à peu de choses près tous les ans ! Le petit frère de Ridley, moins talentueux, plus bourrin mais aussi plus régulier, nous revient une fois de plus avec son acteur fétiche, j’ai nommé le gros beau Denzel Washington.

Bon alors soyons clairs, on est pas chez Bergman hein ! Tony Scott fait du gros film d’action qui tape, pas franchement délicat ni intellectuel mais diablement efficace pour qui aime le genre (les autres, arrêtez-vous là).

Chez Tony les scénarios sont en général assez minces, la caméra court dans tous les sens (cf le vomitif « Domino ») et l’action prédomine du début à la fin.

Ici on était en droit d’avoir peur : de soit disant faits réels, un duo d’acteurs façon années 80 et… un train ! Bon…

Seulement voilà on a là affaire au réalisateur qui sait probablement le mieux ce qu’est un film d’action. Avec Tony pas de chichis : on attaque bille en tête, on fait mine au premier abord de se moquer de l’Amérique profonde avant de faire du Redneck du coin un héros moderne. Et en plus Tony s’est calmé de l’objectif ce qui, avouons-le, rend son film bien plus regardable.

A Denzel Washington au top du cabotinage (aaah la scène de victoire sur le toit du train !) Tony Scott ajoute Chris Pine. Le couple fonctionne plutôt bien. Washington joue à merveille le vieux briscard un peu chiant tant il croit tout savoir et Chris Pine en bon camarade ne cherche même pas à tirer la couverture à lui comme s’il avait compris que l’orgueil de son collègue l’en aurait de toute façon empêché.

Notons également la présence de la toujours fulgurante Rosario Dawson qu’on a toujours plaisir à retrouver même dans un rôle qui ne met pas forcément sa plastique en valeur.

Au final savoir si ces trois là seront capables d’empêcher un train fou chargé de produit toxiques de se casser la gueule en plein centre ville n’a que peu d’intérêt (on se doute bien qu’ils vont y arriver !) Par contre savoir comment ils vont s’y prendre et les voir transpirer reste assez jouissif.

Tony Scott livre là une série B de qualité, sans prétention et prenante qui s’adresse aux amateurs du genre.

Salt

25 novembre 2010

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Angelina, le retour. C’est un peu le titre qu’on aurait pu donner à ce film pour peu qu’on prenne en considération l’actualité people de la donzelle sachant que si nous ne l’avions pas vue sur un grand écran depuis “l’Echange” de Clint Eastwood (film au demeurant assez hallucinant) c’est bien parce qu’elle se remettait des jumeaux dont elle venait d’accoucher (et dont le père est Brad Pitt pour ceux qui vivraient sur une autre planète coupée de toute réception hertzienne ou numérique).

Bon alors premier constat, Angelina malgré sa très récente grossesse est toujours aussi maigre. A tel point qu’on se demande vraiment comment c’est possible… Oui je sais, nous sommes loin de la moindre considération cinématographique mais c’est assez visuellement perturbant pour qu’on soit en droit de se poser la question. Deuxième constatation que je fais à chaque fois que je la vois : non, Angelina Jolie n’est pas franchement une belle femme : visage anguleux, lèvres disproportionnée, corps décidément de plus en plus osseux…
Troisième constatation que je fais également à chaque fois que je la vois dans un film : Angelina Jolie est une sacrée actrice, d’un charisme stupéfiant capable d’à peu près tout jouer.

Pour “Salt” Anglina Jolie retrouve son réalisateur de “Bone Collector” Philipp Noyce, faiseur d’Hollywood qui se démarque par le souci de qualité qu’il semble porter à la réalisation de ses films, aussi divertissants soient-il. Salt ne s’annonce donc pas comme un grand film d’auteur, mais bien comme un film d’action/espionnage sans prétention.

Evelyn Salt est un agent de la CIA, pas la grosse baroudeuse (encore qu’elle ait survécu à la détention et la torture en Corée du Nord) mais tout de même. Sa vie qu’elle partage avec un scientifique allemand spécialiste des araignées semble assez calme et rangée. Et d’ailleurs elle l’est. Mais tout ça serait sans compter l’intervention d’un espion russe dans les locaux de la CIA qui dévoile de but en blanc qu’Evelyn Salt n’est autre qu’un agent double envoyé par le Kremlin. Dès lors, Evelyn n’aura de cesse de dire qu’elle est innocente, de fuir et de vouloir retrouver son mari qu’elle croit en danger. A partir de ce moment là les scènes d’actions rondement menées s’enchainent à vitesse grand V et Angelina de nous surprendre par sa présence plutôt crédible dans les scènes de bagarre, poursuite à dos de camions et autres scènes d’explosions.

Bien souvent “Salt” joue la carte du rebondissement inattendu. Peut-être trop souvent. Mais force est de constater que pendant les deux tiers du film on se demande bien où tout cela va nous mener. L’inconvénient c’est qu’à force de nous faire attendre, le réalisateur est obligé de nous fournir des explications conséquentes, quitte à faire fi de la crédibilité scénaristique. Du coup les président tombent comme des mouches (des araignées ?). Mais Philipp Noyce peut se le permettre car son film repose tout entier sur les épaules d’une actrice qui est de chaque plan et qui fait preuve d’une énergie proprement sidérante pour une femme aussi maigre ! Et puis nous savons bien que ce film là n’est pas sérieux et qu’il est prétexte à mettre cette pauvre Angelina dans des situations inextricables dont elle s’extirpe finalement toujours. Pour le coup, on en a pour notre argent.

Reste un film d’action distrayant qui tente tant bien que mal de relancer la mode du film sur la guerre froide entre Américains et Russes (sujet quand même on ne peut plus obsolète) et qui permet à Angelina Jolie de bien s’amuser. Ce qui est plutôt communicatif.

le Livre d’Eli

26 mai 2010

 

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Film qui a connu un certain succès au cinéma grâce à un bouche à oreille favorable, “le Livre d’Eli” sort en dvd et bluray, deux formats qui lui permettront à n’en pas douter de bénéficier d’un réel succès, plus encore que sur grand écran tant ce genre de film (très bonne série B) sied à une bonne soirée entre amis.

Voici donc le dernier film des frères Hughes et probablement leur meilleur si l’on considère que “Menace II Society” (exagérément glorifié) a pris un méchant coup de vieux et que “From Hell” n’était pas loin du ratage complet. Pour “le Livre d’Eli” les deux frères s’attaquent avec une certaine pudeur mais aussi un enthousiasme communicatif au film post-apocalyptique. La terre après une guerre atomique n’est devenue qu’un vaste terrain vague soumis à la famine, la soif et surtout la loi du plus fort (voire du plus sauvage). Eli traverse ce décors désertique d’Est en Ouest. Il dit marcher depuis 30 ans. On notera assez vite que sa promenade est ponctuée, plus souvent qu’à son tour, de rencontres plutôt hostiles dont Eli se sort avec beaucoup de violence mais également beaucoup de classe. Au détour d’une petite ville fraichement reconstruite, Eli fera la connaissance du méchant de l’histoire (Gary Oldman comme d’habitude parfaitement méchant) qui s’est mis en tête de récupérer une Bible afin de gouverner le monde (dit comme ça, ça peut prêter à sourire). Et il se trouve justement qu’Eli a en sa possession… (roulements de tambours) une Bible ! La der des der.

A partir de là c’est c’est courses poursuites, fusillades et tatanage de tronches en bonnes et dues formes. Scènes d’action dont Denzel Washington (Eli) se sort bigrement bien malgré ses cheveux blancs et son embonpoint accumulé au cours des ces dernières années (et bien gommé ici, il faut l’avouer). La mise en scène assez discrète réserve de très bonnes idées visuellement ludiques et hyper efficaces.

Le seul défaut du film est son scénario. Ce dernier plutôt malin et surprenant repose un peu trop lourdement sur des fondamentaux religieux trop souvent douteux ou maladroits (pour un prophète Eli est quand même sacrément violent) qui mieux exploités auraient pu donner au film une ampleur bien plus intéressante. Parfois, trop rarement, on entrevoit une lueur de grâce (le plan du rasage suivi de la scène de dictée sont réellement magnifiques). De même, et Gary Oldman de l’évoquer furtivement, il eut été intéressant voire fascinant d’établir un parallèle entre “le gentil” et le “méchant”, car finalement, qu’est-ce qui fait d’Eli un gentil ? le fait d’avoir la Bible en sa possession. Qu’est-ce qui fait de Gary Oldman le méchant (en dehors de c’te geule…) : le fait de ne pas avoir de Bible. Tous deux sont pourtant mus par la foi.

Mais les frères Hughes ont fait le choix de mettre l’accent sur le côté “distraction” de leur film. Certes ils le font bien, mais au regard du charisme de leur acteur principal et des possibilités du scénario, c’est un peu dommage. A l’image de ce choix Mila Kunis est tout bonnement (sans jeu de mot) inconsistante. Elle achève même le film, sans doute malgré elle, sur un plan du genre “I’ll be back” assez déprimant, voire pathétique…

Mais ne soyons pas trop dur, “le Livre d’Eli” reste un bon film, généreux, bien fait et qui atteint son but, à savoir distraire.

Notez enfin qui si comme moi vous n’aimez pas les chats, vous serez comblés !