Archive for the ‘Comédie dramatique’ Category

David et Madame Hansen

27 janvier 2013

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Le voilà enfin le premier film de cinéma d’Alexandre Astier. Après nous avoir gratifié de 6 saisons de sa série télé Kaamelott qu’il écrivait, réalisait, dans laquelle il jouait, qu’il produisait et dont il a écrit la musique, le voilà de retour mais cette fois sur grand écran. Pas le genre de type à faire les choses à moitié l’Alexandre. Ben au cinéma c’est pareil, il fait tout. Ça lui a d’ailleurs valu le désistement d’Alain Delon dans un rôle finalement repris par Isabelle Adjani, l’acteur trouvant que son réalisateur avait trop de casquettes. C’était mal connaître le bonhomme.

David est ergothérapeute dans une clinique suisse. Il est chargé de conduire une patiente, Madame Hansen, au village du coin pour s’acheter des chaussures. Madame Hansen souffre d’une amnésie liée à un syndrome post-traumatique. Enfermée qu’elle est dans cette clinique et dans une routine médicale, cette sortie avec ce nouveau thérapeute va donner lieu à tout un tas de surprises, pour elle comme pour lui. Au final, rien ne se passera comme prévu.

Ne vous attendez pas à retrouver un nouveau Kaamelott. Point de cela ici. Tout au plus retrouverez vous un peu de la musique entendue dans les dialogues de la série. Non, ici Alexandre Astier se concentre sur son actrice et sur la relation qui se noue entre ses deux personnage.

Une question vient alors immanquablement se poser : « alors ? Elle est comment Adjani ? » Et bien elle est déformée par la chirurgie esthétique très bien. Un rôle réécrit sur mesure, des dialogues qui font mouche, une émotion palpable. On sent que l’actrice a fait confiance à son réalisateur et grand bien lui en a pris. Au même titre que son personnage qui se laisse d’abord guider par son thérapeute, Isabelle Adjani prend peu à peu le film en main pour nous conduire dans son monde à elle sous les yeux d’un Astier forcément consentant. Imperceptiblement une relation tendre et confiante s’installe entre les deux personnage, relation qu’on imagine volontier conforme à la réalité.

Doucement (bien qu’en Ferrari) Alexandre Astier livre un film délicat, drôle et émouvant, sans prétention autre que de nous émouvoir avec le sourire, ce qui est infiniment réussi.

On sent aussi une retenue, une modestie dans sa réalisation. Modestie que l’on sait inutile quand on connait le talent du bonhomme. Il me tarde donc, après ce coup d’essai, de voire Alexandre Astier revenir au grand écran avec un projet à l’ampleur comparable à celle de Kaamelott. Là on risque vraiment de rester scotchés.

Les Petits Mouchoirs

15 mars 2011


Il est un peu étrange de venir vous parler d’un film sorti il y a 6 mois, que tout ceux que ça intéresse ont déjà vu au cinéma ou en dvd (ou pire !), mais que voulez-vous, moi je ne l’ai vu que tardivement…

« Les Petits Mouchoirs » est donc le 3ème long métrage de Guillaume Canet en tant que réalisateur. Il quitte le polar romantique (« Ne le dis à Personne ») dans lequel il avait excellé pour se lancer dans le film de potes. Avec des acteurs comme Jean Dujardin. Gilles Lellouche ou encore François Cluzet dans un rôle d’hystérique maniaco-dépressif hilarant, on se dit qu’on va bien se marrer. Et de fait on se marre : les scènes des fouines et de l’expérience des pots de riz sont de purs moment de comédie hilarante. Pour autant, on a souvent (tout le temps) tendance à rire jaune et pour cause : tous les protagonistes de l’histoire vont mal ou souffrent de psychoses handicapantes.
Le postulat de départ est assez déstabilisant : une bande d’amis décide de partir en vacances malgré l’état critique de l’un d’entre eux qui, rescapé de justesse d’un grave accident de la route (Jean Dujardin atrocement défiguré) se remet mal sur son lit d’hôpital.

Cet ami qui va très mal, absent de l’écran la plupart du temps mais dont la présence dans les esprits est étouffante, va être le révélateur des malheurs de ses camarades.
Ce que Canet réussit bien c’est de ne jamais tirer la couverture à l’un ou à l’autre de ses acteurs. Tous ont un rôle important à jouer et aucun ne l’est moins qu’un autre. Tous sont formidables et tous ont matière à exceller tant leurs rôles sont bien écrits. Car une fois de plus Guillaume Canet prouve qu’il est un auteur de talent avant d’être un réalisateur. Aidé par de vrais amis qui lui permettent de traiter d’un sujet qui de toute évidence lui tient à coeur, le réalisateur livre un film troublant, drôle et terriblement émouvant. L’émotion justement est toujours traitée avec beaucoup de tact, à l’exception de la grossesse du personnage de Marion Cotillard qui pousse un peu loin le pathos.
Le film et long (2h30) mais ambitieux et les acteurs prennent tellement de plaisir à jouer qu’on ne voit jamais le temps passer.

Au final le film ne peut se juger que sur l’émotion qu’il suscite ce qui est évidemment très subjectif, mais au regard des 5 millions d’entrées qu’il a engendré on peut se dire que Guillaume Canet a su parler aux gens avec un sujet qui n’appartient qu’a lui et donc que son film est une réussite.

Une Education

28 janvier 2011

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Prix du public au festival de Sundance, “Une Education” est un joli film sur lequel il n’est pas inintéressant de s’attarder.

Au casting pas mal de gens pas forcément très connus. On notera tout de même la présence de Nick Horbny au scénario, l’auteur à succès (mérité) de livres souvent adapté au cinéma (“Pour un Garçon”, “High Fidelity”) et de l’actrice Carey Mulligan qui avec son visage de série télé pour ado (on dirait un mix entre Michelle Williams et Katie Holmes) fait preuve d’une intelligence de jeu tout à fait appréciable.

Début des années 60 en Angleterre, Jenny est une lycéenne brillante que les carcans de la société londonienne de l’époque étouffent quelque peu. Très (trop ?) entourée par des parents aimants mais sans doute un peu étriqués côté conscience de la condition féminine, Jenny bout.

Poussée par un désir d’accéder à de grandes choses (et par un père qui finalement sous ses airs balourds et tonitruants ne veux que la même chose, Alfred Molina compose d’ailleurs là un personnage attendrissant) Jenny se destine à entrer à Oxford. En tout cas c’est par son université que Jenny s’imagine avoir accès au monde. En tout cas jusqu’à sa rencontre avec David.

David est un dandy (Peter Sarsgaard tout en charme et en bagout), la bonne trentaine, mystérieux à souhait, instruit, il ouvrira à Jenny les portes de la culture. Ce à quoi Jenny ne faisait que rêver jusque là.

A ce jeu là, la jeune femme se mettra à dos son école (Emma Thompson en directrice revêche est formidable quant à Olivia Williams c’est un bonheur de la voir jouer ce rôle complexe et ambigu de professeur de littérature, sorte de projection ratée de Jenny adulte).

Et bien sûr, comme on peut s’y attendre, tout n’est pas aussi rose qu’aurait pu l’espérer Jenny. Le retour de bâton sera violent et c’est presque là qu’on peut reprocher au scénario un certain classicisme un peu agaçant. Pour autant, le final est traité avec intelligence et tact et dresse un constat peu réjouissant mais malheureusement vrai de la condition féminine à cette époque et encore de nos jours (les femmes n’ont que le travail assidu pour pouvoir atteindre un semblant d’égalité sociale avec les hommes).

“Une Education” demeure tout de même un film léger qui a le bon goût de rappeler que le vrai féminisme commence par un constat intelligent avant d’être une pseudo révolution foireuse façon chiennes de garde. On est donc plus près de Virginie Despentes que d’Isabelle Alonso. Et c’est heureux !