Archive for the ‘Comédie’ Category

Men in Black 3

27 mai 2012

Encore une énième suite à un gros film américain, me direz-vous, et vous aurez raison. Car ne nous mentons pas, après le succès intersidéral du premier volet et malgré le relatif ratage du deuxième, il y avait de toute évidence un paquet de Dollars à se faire avec cette franchise. Reste à savoir, 13 ans après le premier épisode, où en est son réalisateur Barry Sonnenfeld et s’il a su mieux doser que dans MIB 2 son humour très personnel et potache.

Les premiers plans sont rassurants : On réalise que le budget est conséquent et qu’au même titre que le premier épisode, les effets spéciaux sont soignés et impressionnants (le 2 faisait vraiment trop cheap). L’humour se manifeste rapidement et il semble assez irrévérencieux et donc pas vraiment tout public (french kiss alien = frisson gêné chez les parents venus avec leur bambins). Ce n’est pourtant qu’une fausse alerte, la suite étant beaucoup plus politiquement correcte. Sûrement même un peu trop, mais n’oublions que MIB se doit d’être un film familial.

La question est maintenant de savoir ce qu’on peut bien faire faire d’intéressant au duo d’hommes en noir qui ont déjà, rappelons-le, sauvé maintes fois l’univers. Et la piste scénaristique choisie n’est pas inintéressante puisqu’elle s’appuie sur le ressort le plus digne d’intérêt de la franchise : le couple que forme K et J, à savoir Tommy Lee Jones et Will Smith. Car sous le monolithisme bourru et buriné du premier et la tchatche incessante du second réside malgré tout un lien improbable entre les deux bonshommes, quelque chose qui s’apparenterait bien à une réelle amitié. Et si le temps (13 ans) n’a rien émoussé du rapport entre ces deux là, le voyage dans le temps, lui, pourrait bien y parvenir.

Un super méchant extra-terrestre mis en prison sur la Lune il y a de ça un peu plus de 40 an par K, parvient à s’évader. Bien décidé à se venger du terrien responsable de sa mise au trou, Boris l’Animal trouve le moyen de remonter dans le temps la veille de son arrestation pour tuer K. De nos jours J se réveille dans un monde où K n’existe plus. Forcément, il est mort il y a quarante ans (vous suivez ?). J remonte alors à son tour dans le temps la veille de la mort de K afin de retrouver celui-ci et accessoirement, de sauver (encore) le monde.

Au menu des bonnes idées de ce numéro 3 nous noterons la présence plus que réjouissante de la toujours pétillante (et pour le coup hilarante) Emma Thompson en cheftaine des MIB. Mais surtout applaudissons le génie qui a eu la grande idée de faire jouer à Josh Brolin le rôle de Tommy Lee Jones jeune. Cela fonctionne tellement bien que j’ai presque envie d’être dans 40 ans pour voir si en vieillissant Josh Brolin aura la trogne de Tommy Lee Jones. Quand à Will Smith, il fait ce qu’il sait faire de mieux, occuper l’espace avec une aisance, un charisme et une bonne humeur communicative.

Alors oui le film marche du tonnerre, oui les acteur sont tous parfaits et à leur place, oui les effets spéciaux sont à la hauteur et oui, on s’amuse beaucoup. Alors pourquoi ce sentiment de frustration à la fin de la projection. Sans doute parce qu’on aurait aimé être un peu plus surpris, un peu plus remués par un humour plus sarcastique (1969 se prêtait à un contexte social qui, vu la couleur de peau de Will Smith, aurait pu être exploité un peu mieux qu’il ne le fut ici, au détour d’un gag timide). On en regretterait presque la liberté de ton du 2ème épisode qui aussi foutraque fût-il, était au moins assumé à 300%. Mais évidemment, ce n’était pas vendeur.

Pour autant,  ne jouons pas les pisse-froid. MIB est un bon film, drôle, spectaculaire et malheureusement tout public. On en sort pas forcément grandis mais de bonne humeur. C’est déjà beaucoup.

The Troll Hunter

9 mars 2011
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Il y a un « petit » film qui écume actuellement les festivals du monde entier. Ce film le voici, c’est « The Troll Hunter ». Une sorte de faux documentaire façon « le Projet Blair Witch » en plus riche, plus drôle, plus accessible et beaucoup plus norvégien.

Trois jeunes apprentis cinéastes partent dans la campagne norvégienne afin de couvrir un fait divers local soit l’inquiétante mauvaise humeur d’un ours qui aurait la fâcheuse manie de dézinguer tout ce qui lui passe par la patte : vache, mouton ou homme…
Bon une fois sur place ils comprennent rapidement que la théorie de l’ours ne tient pas et en suivant un homme qui semble le chasser, ils découvrent l’existence des Trolls.

Bon alors dit comme ça c’est risible. Et en fait c’est le but, le réalisateur jouant à fond la carte de « je filme très sérieusement ce qui ne l’est pas du tout ». Au final voir des gens réellement effrayés et même mis en danger par l’existence de ces trolls aux gueules improbables est une expérience tout à fait réjouissante. Le réalisateur (que j’éviterai de citer par respect pour son nom et la langue norvégienne en général) parvient même à nous livrer une scène passablement gore (la dégustation par un troll de l’ingé son) qui prend le spectateur à contrepied. Pour autant, et bien que je le classe dans cette catégorie, il est difficile de ranger « The Troll Hunter » parmi les films d’horreur et ce bien que le sujet s’y prête.

On notera en revanche la générosité à l’américaine du réalisateur viking qui nous promet un final avec un troll gigantesque que n’aurait pas renié Spielberg.

« The Troll Hunter » est un film très divertissant, idiot au possible mais pourtant très bien fait. Forcément à voir donc.

Notre Jour Viendra

14 janvier 2011

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Il y a des films comme ça, vous sortez de leur visionnage sans savoir très bien ce qui vient de se passer. “Notre Jour Viendra” en est l’exemple parfait.

A l’instar de son copain Kim Chapiron, Romain Gavras (fils de Costa) se lance donc dans la réalisation d’un long métrage non sans avoir préalablement fait les jours heureux du collectif Kourtrajmé.

Comme pour “Sheitan” (premier film de Chapiron) Vincent Cassel est de la partie en tant qu’acteur et producteur. A ses côtés Olivier Barthélémy, acteur également issu de Kourtrajmé et présent dans “Sheitan”.

Nord de la France : Rémy est un jeune garçon roux qui subit les moqueries de la part de son entourage. Excédé il fuit un jour le domicile familial non sans avoir préalablement frappé sa mère. Sur sa route il croise Patrick, psychothérapeute blasé, qui est prêt à tout pour se sentir un peu vivant. A eux deux ils vont tenter de gagner l’Irlande, pays selon eux rêvé pour les roux.

Dans un Nord français désertique, filmé avec simplicité et profondeur de focales, Romain Gavras nous balade d’une émotion à une autre au fil d’un scénario assez simple mais qui repose principalement sur ses acteurs, l’un et l’autre assez exceptionnels.

Le film, d’abord taciturne, prend un tournant radicalement comique avec l’arrivée de Vincent Cassel à l’écran (impérial). La façon qu’il a de s’amuser aux dépends de Rémy tout en voulant le rendre heureux est parfaitement hilarante et communicative.

Le film n’en reste pourtant pas là et sombre assez rapidement dans les questionnements existentiels de Rémy, incertain et fou. Le voyage des deux protagonistes prend des allures de road movie furieux et finalement sanglant.

Tour à tour Romain Gavras joue de la comédie, du drame et de l’horreur mais ne se départit jamais d’un romantisme assez inattendu mais finalement fil conducteur de son film.

Alors oui les répliques souvent très drôles fusent, oui Rémy est terriblement attendrissant et Patrick aussi finalement, oui leur périple tourne au carnage, pourtant jamais le film ne s’attarde sur un genre ou un autre préférant chambouler son spectateur qui tout du long se demande : “mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?!”

Et sans vraiment savoir à quoi on a affaire, nous ne sommes jamais perdus ni agacés d’assister à un spectacle qui aurait pu nous égarer. Romain Gavras filme bien des acteurs qui jouent bien et parvient grâce à ça à nous livrer une image encore inconnue au cinéma. A vrai dire la seule comparaison qui me soit venue est “les Valseuses”, mais vraiment on en est loin.

Il faut croire que le réalisateur à une idée très personnelle du cinéma, et ça c’est pas tous les jours que ça arrive !

Garden State

18 novembre 2010

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Alors que je discutais il y a peu avec une des innombrables lectrices de ce blog (HAHA !), nous devisions sur diverses actrices américaines que nous avons très arbitrairement classées dans des catégories sommairement définies comme “catégorie bonne actrice” ou encore “catégorie pouffe”. Bon nous avons eu du mal à tomber d’accord : non, selon moi Jessica Alba n’est pas forcément une pouffe, quant à Scarlett Johansonn, et ce malgré des courbes affolantes, elle n’est pas forcément (bonne) (actrice). A vous de faire sauter les parenthèses où bon vous semble. Bref ! La seule actrice sur laquelle nous sommes à peu près tombés d’accord ma lectrice et moi-même est Natalie Portman. Mais là je m’entends dire que Natalie Portman, à part “Léon” et “Closer”… Quoi ?! Mais non ! Et “Brother” alors ? Et “Black Swan” ? Et… et… et ben oui tiens, et “Garden State” ? Tu l’as vu “Garden State” ? Parce qu’il est génial celui-là ! Et ben non, “Garden State” très peu de gens l’ont vu (en tout cas en Europe parce qu’aux Etats Unis il a rapporté le gros pactole). Et bien vous savez quoi, je ne pouvais pas rêver mieux pour un nouvel article.

“Garden State”, autre nom du New Jersey, est le lieu de naissance d’Andrew Largeman. Il y a grandi mais vit désormais à Los Angeles où il a entrepris de devenir célèbre comme acteur. Andrew c’est pas le mauvais gars : un peu grand, un peu mou, totalement dénué de sentiments depuis qu’il suit un traitement aux anti dépresseurs prescris par son psy de père, il vit dans un monde plat et aseptisé. Pourtant sa mère meurt et il doit retourner chez lui afin d’assister à son enterrement. Là il retrouvera ses amis d’enfance, se confrontera à son père, tombera amoureux et, peut-être, se reprendra-t-il en main.

Aux commandes du film un débutant quasi inconnu : Zach Braff. Acteur de la série un peu loufedingue “Scrubs”, Zach Braff se lance pour la première fois dans la réalisation et s’octroie au passage la casquette de scénariste et d’acteur principal. Triple poste on ne peut plus casse gueule.

Dès le début du film on se retrouve dans une atmosphère un peu bancale qui parvient à recréer avec justesse l’état d’esprit du héros absolument détaché de tout, même de la mort de sa mère. Car c’est bien là la malédiction d’Andrew : ne rien ressentir, ne pas même souffrir.

Ambiance assez perturbante donc qui en deviendrait presque malsaine si Andrew ne rencontrait pas dans la foulée un monde sans médicaments et surtout Sam.

Sam est une fille un peu perchée, un peu mythomane, un peu triste aussi mais terriblement drôle, bienveillante et au final immensément attachante. Pour interpréter ce rôle pour le moins complexe, Zach Braff avait besoin dixit d’une actrice “à la Natalie Portman”. Ca tombe bien celle-ci est emballée par la lecture du scénario et accepte tout de suite. Avec son arrivée à l’écran le film bascule immédiatement dans un bain de bonne humeur, de folie joviale et d’émotion bouleversante. Encore une fois, Natalie Portman prouve que non seulement elle est une actrice géniale mais qu’en plus elle sait faire les bons choix. A son contact, la mise en scène de Zach Braff prend une dimension impressionnante de discrétion et pourtant d’une richesse et d’une invention confondante. Et mine de rien, sous couvert d’une comédie plus ou moins sentimentale, Zach Braff réussit un film profond, drôle et bouleversant. Un film qui bien évidemment par un de ses aspects particuliers me touche plus personnellement mais qui sait de toute manière parler à tout un chacun du fait des questions qu’il aborde, questions que nous nous sommes tous posés un jour.

Reste un film drôle et émouvant, sur une bande son géniale, à voir absolument.

Ma vie en l’Air

26 mars 2010

Premier long métrage de Rémi Besançon, rien ne pouvait laisser présager d’un film aussi réussi tant les courts métrages du réalisateur, présents sur le dvd, ne présentaient rien d’encourageant. Mais voilà, écrivez un scénario drôle et attachant, trouvez des acteurs sans prétention mais bourrés de talents, soyez original mais sobre et vous avez toutes les chances de réussir votre film. C’est ce qu’a fait Rémi Besançon.

Au premier abord « Ma Vie en l’Air » peut rebuter, en effet son sujet largement éculé (les histoires d’amour et d’amitié de jeunes trentenaires) n’est pas forcément propice à attirer l’attention. Le genre aussi, la comédie romantique, n’est pas non plus un genre majeur du cinéma. Dans ce genre là les Américains ne s’en sortent pas trop mal mais les Français ont toujours tendance à vouloir intégrer à ce type de comédies une touche dépressive des plus pénibles. Elsa Zylberstein, fraichement rescapée de « l’Homme est une Femme comme les autres » avait d’ailleurs posé la question à Nora Ephron (Scénariste de « Quand Harry rencontre Sally » et réalisatrice de « Nuits Blanches à Seattle ») un soir sur le plateau de « Nulle Part Ailleurs » : « Une comédie romantique doit-elle selon vous toujours bien se terminer ? ». Nora avait ri au nez d’Elsa. Pour cette Américaine l’idée même qu’une comédie puisse mal se terminer la faisait directement basculer dans le drame. Voilà pourquoi les comédies romantiques américaine sont souvent réussies : elles sont assumées. Les comédies romantiques françaises en revanche sont souvent… chiantes. C’est un raccourci un peu facile mais malheureusement très souvent vrai.

De quoi parle le film ? D’un jeune homme célibataire à la recherche de l’âme soeur. Scénario on ne peut plus basique me direz-vous mais ce serait sans compter tout un tas d’éléments qui viennent se greffer à l’histoire pour assaisonner le tout avec beaucoup de goût. Le personnage principal par exemple, Yann (Vincent Elbaz), responsable de la formation de pilotes de ligne, souffre d’une violente phobie des avions. Paradoxal et surtout problématique quand sa dernière copine en date part vivre un an en Australie où il est sensé la rejoindre.
Heureusement, en cas de coup dur, on peut compter sur les amis (parasites) qui savent toujours être là (squatter) quand ça va mal. C’est Gilles Lellouche qui s’y colle. Véritable révélation du film, il est parfaitement hilarant ! Personnage on ne peut plus attachant il sait toujours trouver LE mot qui met tout le monde parterre. Mais à côté de ça il apporte son lot d’émotion au film, tirant inconsciemment la couverture à lui, il donne par moment au film son vrai visage : celui d’un film sur l’amitié. Bienveillante et inconditionnelle.
Bien sûr le film traite principalement des histoires de coeur de Yann. Dans le rôle ingrat de sa copine un peu chiante Elsa Kikoïne est agaçante juste ce qu’il faut. Son principal défaut étant de vouloir faire de Yann ce qu’il n’a pas forcément envie d’être : un adulte responsable, ou en tout cas l’image qu’elle s’en fait. De l’autre côté de la balance une Marion Cotillard blonde (pas encore Oscarisée pour « la Môme ») qui incarne parfaitement le concept de « fantasme intelligent ». Autrement dit il fallait quelqu’un capable d’incarner la beauté, la sympathie, l’intelligence, le vécu douloureux et du coup l’inaccessibilité. Au regard de sa performance loin du tape à l’oeil, Marion Cotillard apparait comme une réussite de casting incontestable. Véritable catalyseur de l’histoire elle apporte un supplément non négligeable de charme au film qui en regorgeait déjà.
Au centre de l’histoire Vincent Elbaz joue le pilier de l’histoire avec charme et sobriété. Juste ce qu’il fallait.

Quelque part « Ma Vie en l’Air » s’attaque donc au film de genre, exercice de style dont les films français se sortent généralement mal. Mais alors à quoi tient donc la réussite « Ma Vie en l’Air » ? et bien à un ensemble de paramètres justement dosés.

Le scénario d’abord toujours drôle, souvent très drôle et jamais sous antidépresseurs, séduit aussi par sa légèreté et son ton juste. La mise en scène ensuite, sobre mais inventive, discrète, lumineuse et intelligente, elle met toujours en avant les acteurs et leurs répliques. Dernier paramètre capital de ce film : les acteurs. Individuellement tous parfaits il résulte de leurs scènes en commun une alchimie hilarante qui fait plaisir à voir (aaahh ! le dîner avec Eddy la tchatche !). Ajoutez à celà un Didier Bezace (dont tout le monde connait le visage mais personne le nom) en pilote de ligne gaffeur ainsi que des seconds rôles de luxe (Cécile Cassel, Philippe Nahon, Tom Novembre, François Levanthal,…) et vous obtenez le film français le plus attachant de ces 10 dernières années.

A noter également un signe qui ne trompe pas, le film est rempli de répliques devenues depuis cultes. Répliques il faut l’avouer souvent attribuées à Gilles Lellouche. J’ai même trouvé des forums sur internet qui leur sont entièrement dédiés.