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The Amazing Spiderman

17 novembre 2012

Le voilà donc le nouveau Spiderman. Après une trilogie entièrement signée Sam Raimi, Marvel tente un reboot total tout ça, ne nous le cachons pas, pour conserver la franchise. Drôle d’idée me direz-vous et vous n’aurez pas tort. En général repartir aux sources est plutôt ennuyeux. Qu’en est-il ici ?

Exit donc Sam Raimi qui demandait légitimement une fortune pour faire un épisode 4 et bonjour Marc Webb, réalisateur de l’intéressant « 500 jours ensemble ». Cependant, et bien que je ne sois absolument pas fan de la trilogie Raimiesque, il faut bien avouer qu’elle avait fait ses preuves autant en termes d’envergure que d’entrées en salles. Drôle d’idée donc, je me répète, que de choisir le réalisateur d’un seul film, qui plus est une comédie romantique, pour succéder à cette colossale trilogie.

Retour aux sources donc, et aux origines de la naissance de Spiderman. C’est là que le bas blesse car le retour aux origines est toujours fastidieux. Poser les personnages prend du temps (une bonne moitié de film) les carcans sont exigeants (difficile de s’écarter de la mythologie imposée par Marvel) et on risque la redite (la comparaison avec le premier opus de Sam Raimi est inévitable). Peu de réalisateurs ont su se sortir de cette impasse à part peut-être Christopher Nolan avec « Batman Begins ».

Marc Webb ne démérite pas mais ne parvient pas à convaincre totalement.

Quid de cette réinterprétation alors ? Et bien que de l’anecdotique sur le fond : le méchant n’est plus le même (mais tout aussi nul que le Bouffon Vert), Spidey ne produit plus ses toiles organiquement mais avec un dispositif technologique (comme dans la BD) et Gwen remplace Mary Jane. Que de l’anecdotique donc.

Sur la forme, Marc Webb parvient à imposer un style plus urbain et plus réaliste que le côté carton pâte de ses prédécesseurs. Le quotidien adolescent de Peter Parker est quant à lui bien plus crédible qu’il ne l’a été. On n’en reste pas moins dans un contexte de film tous publics dont il semble difficile voire impossible de s’émanciper (contrairement à ce qui a pu être fait avec Batman).
Techniquement les effets spéciaux sont tout à fait honnêtes bien que le budget semble restreint.

Là en revanche où le film sort son épingle du jeu, c’est avec son acteur principal. Andrew Garfield (« Boy A », « Social Network ») avait déjà fait preuve dans ses films précédents d’un jeu d’acteur tout en finesse qui permettait au spectateur de rapidement s’attacher au personnage. Et pour le coup, sur ce point point là, on ne peut que se réjouir de ce choix parce que sincèrement, Tobey Maguire, je n’en pouvais plus. Aussi crédible qu’une chaussette dans un champ de roses (c’est Samedi, c’est poésie !), le pauvre garçon au charisme d’endive ne jouait à peu près bien que quand il était masqué. Heureusement c’était fréquent. Emma Stone quant à elle enterre facilement la prestation de Kirsten Dunst. Au final l’alchimie entre les deux acteurs sert magnifiquement le film et le propos de son réalisateur qui n’est jamais aussi à l’aise que dans la comédie sentimentale.

Au final Marc Webb fait tout ce qu’il peut avec une partition jouée d’avance. Il ne se plante pas, loin s’en faut, mais il n’explose pas le genre non plus. Pas de surprise donc. Quant à la comparaison avec les film précédents elle sera sûrement affaire de goût. Pour ma part cette version me touche plus et je serai heureux de voir une suite que j’espère plus sombre et moins engoncée dans une mythologie trop sacralisée.